LE PllOHLKME DE LA MARINE MARCHANDE.
292
de South-Shields, et par son frère Georçjes, qui s’associèrent
sous la raison sociale : « Palmer frères et C‘® ».
M. Georges Palmer s’étant ensuite retiré, son frère prit
seul en mains la direction de l’entreprise, agrandit les chan
tiers, modifia leur matériel, les accrut de fonderies de fer.
En i8G5, la maison devint une « limited Company » et l’est
demeurée.
Jarrow — qui compte 4o,ooo habitants — vit de l’usine.
Aux heures de travail, la petite ville est calme, silencieuse,
comme morte ; mais que la cloche, donnant le signal de la
sortie des ateliers, sonne, et c’est aussitôt, dans les rues
droites de la cité, un mouvement énorme et soudain une
galopade de gamins courant au-devant de leur père, une
apparition brusque de ménagères surgissant au seuil du
« home » pour apercevoir plus tôt leur mari.
L’impression première que donne l’usine Palmer — où
l’on n’est admis à pénétrer qu’après des formalités assez
semblables à celles queje subis à Elswick — ne lui est pas
très favorable ; il semble qu’un inexprimable désordre y
règne ; la matière première y'paraît sans valeur, tant on la
trouve abondante à chaque pas, sous forme de cornières, de
tôles gisant à terre, de monceaux de charbon et de coke
écroulés sur le sol. Cette impression ne tarde pas à s’atté
nuer, chassée qu’elle est de l’esprit par la sensation bien
autrement puissante et forte du labeur considérable qui s’ac
complit ici. ‘
L’établissement Palmer se développe au bord de la Tyne
sur un front de plus d’un kilomètre. Il réunit, en sa vaste et
bruyante agglomération, une série de chantiers de cons
truction — cales diverses, batiments pour la fabrication des
machines et des chaudières, fonderies d’acier, hauts four
neaux, etc. Une multitude de cheminées obscurcissent l’air
de leurs nuages épais de fumée ; et la nuit, c’est un spectacle