LA QUKSTION OUVRIERE. 343
([liée à la construction des navires de 6,000 à 7,000 ton
neaux de port en lourd. Nos chantiers, an contraire, n’en
construisent pas un seul, et une fois de plus l’intériorité de
la marine marchande française à l’égard de la marine an-
(jlaise s’atteste sur le chapitre de la capacité des transports.
Les chantiers anglais tirent une nouvelle cause de supé
riorité de la rapidité plus grande avec laipielle ils construi
sent.
Les délais anglais, pour la construction d’un grand paque
bot, varient entre neuf mois et un an ; pour la construction
d’un grand cargo, entre cinq et sept mois.
Les délais demandés par la construction française sont
supérieurs du tiers, parfois même ils sont du double, pré
sentant ainsi le grave inconvénient d’exposer l’armateur
français qui projette l’établissement d’une ligne au risque
continuel d’être devancé par scs concurrents étrangers,
parce qu’on ne lui livre pas assez vite les navires qu’il a
commandés.
Enfin, la supériorité de la construction anglaise se ma
nifeste dans l’établissement du prix des navires. C’est en
vain que l’on essaie de contester l’existence d’un « prix an
glais»; lorsque les constructeurs français allèguent qu’on
leur oppose toujours, dans les comparaisons établies entre
leurs conditions et celles de la construction anglaise, le prix
des chantiers anglais de basse catégorie, ils altèrent la vé
rité. En réalité, il existe en Angleterre un prix moyen de
construction des navires, et ce prix, chacun le connaît. On
sait par exemple que, sur la Clyde, la tonne de port en lourd
d’un beau et solide cargo réalisant lo nœuds vaut 9 livres
au maximum, et que sur la Tyne et sur la Wear, la même
tonne de port en lourd vaut, pour le même type de navire,
moins soigné, de 8 livres à 8 livres 5.
Les usines anglaises placées dans les mêmes conditions