344 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
(le lutte iiulustrielle et groupées (railleurs en de puissants
syndicats patronaux, ont des cours qui sans doute peuvent
changer d’un chantier à l’autre, mais qui ne varient (jue
dans une assez faible mesure.
Dans la construction des paquebots et aussi des navires
de guerre, la situation est la môme : les devis des compagnies
de construction sont établis avec tant de rigueur que ceux
de Barrow, Clydebank et Fairfield pour la construction des
cuirassés VAniphitrite, VAriadne et VArgonaute n’ont fait
ressortir entre les prix les plus hauts et les prix les plus bas
qu’une simple différence de 5 p. loo du total.
Pour apprécier la distance qui sépare actuellement les
prix français des prix anglais, il faut examiner ce que la
construction demande dans les deux pays comme rémuné
ration globale du navire construit — c’est-à-dire abstraction
faite pour l’instant de la prime de constrnction. Or, si nous
prenons pour exemple la constrnction d’nn cargo de G,ooo
tonnes, portant en lourd 8,000 tonnes et réalisant 10 à
11 nœuds de vitesse — vaisseau type du long courrier de
concurrence — nous voyons qu’il coûtera :
Construction très soignée. Dans les premiers établissements de la
Clyde, à raison de 9 livres la tonne de dead-weight. . 1,900,000 Ir.
Construction un peu inférieure. Dans les établisse- environ,
ments comme ceux de MM. Russell, sur la Clyde, et
dans la plupart de ceux de la Tyne et de la Wear, à
raison de 8 livres la tonne i,Coo,ooo fr.
environ.
Son prix oscillera entre 200 et 226 fr. la tonne en lourd.
Actuellement, avec la baisse qui s’est produite sur les prix,
il n’atteindra môme pas ce chiffre.
Si nous voulons évaluer le prix du môme cargo en France
— en prenant pour base de nos calculs des prix non pas
hypothétiques, mais certains et précis comme celui du