LA QUESTION OUVRIÈRE.’
notamment pour ce qui concerne le perfectionnement des
machines et des chaudières. »
Restent \gs frais généraux. Il ne tient qu’à nos chantiers
de les diminuer. Ils peuvent, s’ils en ont l’énergie, sabrer
les dépenses inutiles et ramener au taux anglais leurs dé
penses d’installation, de bureau, etc.
La construction navale française, soutenue comme elle
l’est grâce à la prime de 65 fr. par tonneau de jauge et de
i5 fr. par loo kilogrammes de machines et chaudières, ne
semble donc pas vouée à un écrasement certain, forcé, obli
gatoire par la construction anglaise, à moins que celle-ci ne
bénéficie d’avantages spéciaux dans l’avenir. Bien mieux :
nos chantiers, ainsi que je l’ai montré dans le chapitre pré
cédent, auront moins de difficultés que les chantiers anglais
à introduire complètement chez eux la machine. Tandis
qu’en Angleterre, les cadres immenses des shipbuilders and
boilermakers, habitués à une vie large, facile, souifriraient
cruellement du développement excessif de l’outil mû par
l’électricité ou l’air comprimé, en France, où il n’y a pas
PLÉTHORE de main-d’œuvre, où Rouen, Port-de-Bouc, Bor
deaux, Dunkerque, et bientôt Cette, la Pallice manquent et
manqueront de spécialistes, l’industrie navale peut appeler
à son aide la science mécanique, sans risquer de provo
quer une crise ouvrière.
Nos chantiers sont plus largement installés que ceux des
Anglais ; à eux d’accomplir de nouveaux efforts, de perfec
tionner leur outillage. Ils possèdent, sur les établissements
d’outre-Manche, la supériorité scientifique qui peut com
penser Vinfériorité pratique résultant d’une ambiance moins
favorable.
La prééminence britannique ne doit pas nous effrayer. Nos
chantiers possèdent déjà d’excellents éléments de lutte :
leurs navires sont renommés; leurs ingénieurs, savants; leurs