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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
tré, avec ceux de la défense nationale et d’une partie de la
classe ouvrière — en la préservant des coups désastreux
d’une concurrence qu’elle ne pourrait pas niomentanémenl
supporter.
Le projet Millerand-Caillaux, actuellement soumis aux
délibérations du Parlement, atteint-il ce double but ? C’est
ce^qu’il convient maintenant d’examiner.
11 modifie, je le rappelle, de fond en comble le réqime
actuel de la marine marchande, pour lui substituer une ré-
(jlementation toute nouvelle, basée sur les deux formules
maîtresses que voici :
1° Aux navires construits dans les chantiers français
réservée une protection donnée au moyen d’une prime de
navigation limitée à quinze années, proportionnelle au che
min parcouru par ces navires et décroissant avec leur Aqe;
2° Aux navires de construction étrangère francisés (exclus
à l’heure actuelle de toute protection) est attribuée un(‘
compensation d’armement, immuable pendant vinqt ans,
perçue au maximum pendant trois cents jours de l’année et
remise à l’armateur sans qn’il ait à justifier, soit d’un cer-
lain chemin parcouru, soit d’une certaine vitesse réalisée.
Dans une question aussi qrave que celle-là, c’est le devoir
de chacun d’exprimer son sentiment, même s’il n’a d’autre
valeur que sa sincérité. Eh bien ! je le déclare avec une
conviction profonde, autant le principe de la compensation
d’armement me semble conraqenx, hardi, équitable et utile,
autant l’application qui en serait ainsi faite, si l’on ne mo
difiait pas certaines parties du projet, me paraît grosse de
mécomptes et de dangers futurs.
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J’ai montré — l’ayant en quelque sorte saisie sur le vif—