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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
pas le rajeunissement de la Hotte ; de plus, l’opération
financière qu’il réalise est détestable. Tous les navires fran
cisés achetés en Angleterre ou ailleurs, sans aucun espoir
de prime, par les compagnies de navigation française vont,
au jour de la promulgation de la loi nouvelle, subitement
jouir d’une rente sur laquelle leurs armateurs étaient d’autant
moins en droit de compter, qu’ils ont acquis ces vaisseaux
sous l’empire de la loi de i8g3, laquelle refuse formelle
ment tout appui pécuniaire à la production des chantiers
étrangers. Un grand nombre de vapeurs (on en comptait
217 âgés de moins de 20 ans au i‘'‘’janvier igoo) bénélicie-
raient de cette manne inattendue. La Chambre de commerce
de Nantes évalue à 35 millions le cadeau qui leur serait
fait. D’après d’autres calculs, le relevé de ce que coûterait
cette prime pour Nantes, Bordeaux, Dunkerque, le Havre
et Marseille, donne, sur la base de l’année 1900, un total
de quatre niHlions et demi par an. Marseille entre pour
près de moitié dans ce chiffre, dont l’élévation se concilie
difficilement avec l’affirmation du rapporteur que l’applica
tion du projet n’entraîneraiI, sur le passé, qu’un supplé
ment de dépense atteignant à peine 2,800,000 fr.
Quand j’aurai dit que, par une économie bien mal com
prise, le projet favorise les faibles tonnages, au moment où
partout ailleurs, dans le monde, les marines rivales construi
sent d’importantes unités, capables de transporter à de
moindres frais de grosses quantités de marchandises ;
quand ¡’ajouterai que le calcul bizarre de la prime de navi
gation attribue aux navires de 3,001 tonnes à 4)901 tonnes,
etc., une j)erccption inférieure de 1,000 fr. et i,65o fr., à
celle qui est recueillie par des navires de 3,000 et 4)900^
tonnes, il sera, je crois, suffisamment démontré que, malgré
les excellentes intentions de ses auteurs, le projet de loi
présenté au Parlement participe, sans conteste et à un haut