Full text : Le problème de la marine marchande

l’effort  nécessaire.

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a  le  plus  ¡»lessanl  besoin,  c’est  d’une  loi  stable,  à  durée  nettement ­
  définie.  Rien  n’est  aussi  funeste  à  la  vie  d’une  industrie ­
  que  l’incertitude  où  elle  est  au  sujet  de  sa  situation
léijale.  Nous  eu  avons,  deux  fois  en  vinqt  ans,  en  i88i  et  en
1893,  fait  la  plus  triste  et  la  plus  décisive  expérience.
L’armement  et  la  construction  ne  se  développeront  parallèlement ­
  que  s’il  y  a,  entre  l’Etat  et  eux,  uii  contrat  bien  clair,
ne  laissant  jilace  à  aucune  équivoque,  ni  à  aucune  ambiipiïté.
  Les  armateurs  ne  s’improvisent  jias;  il  faut  un  certain ­
  temps  et  une  certaine  sécurité  pour  trouver  les  capitaux
nécessaires  aux  entreprises  maritimes,  amener  la  création
des  courants  commerciaux  qui  pourront  alimenter  les  lignes
régulières  par  où  se  développent  la  véritable  expansion  et
le  principal  rayonnement  d’un  pays.  Quant  aux  chantiers,
il  va  de  soi  qu’ils  ne  consentiront  à  opérer  les  grosses
dépenses  nécessitées  soit  par  de  nouvelles  installations,  soit
jiar  la  transformation  de  leur  outillage,  que  s’ils  trouvent,
dans  la  durée  même  de  la  loi,  le  gage  d’un  amortissement
assuré.  La  période  de  vingt  ans  prévue  par  le  jirojet  ne  parai ­
  t  pas  excessivi;,  et  nous  souhaitons  qu’elle  soit  adoptée.
Mais  une  fois  sa  durée  précisée,  sur  quelles  bases  convient-il ­
  d’i'lalilir  la  loi  elle-même  afin  qu’elle  soit  véritablement ­
  une  loi  de  relèvement  de  la  marine  marchande  et
de  ])rosj)érité  pour  l’industrie  française  des  constructions
navales  ?  Nous  avons  constaté  les  dangers  qu’offrait  le
système  «  brut  »  de  la  compensation  d’armement  :  déception
financière,  par  l’introduction  dans  la  marine  marchande
française  d’une  série  de  steamers  anglais,  restant  propriété
anglaise,  transportant  des  produits  anglais  et  recevant  cependant ­
  du  Trésor  français,  sans  être  astreints  à  aucune
obligation  de  vitesse  et  de  parcours,  des  annuités  considérables ­
  ;  déception  indnstricUe,  par  le  coup  sensible  porté  à
la  vitalité  de  nos  chantiers,  l’intérêt  des  armateurs  devant
            
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