i/eFFORT NECESSAIRE.
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marine marchande ; mais ils ne suffiraient pas à la guérir
du mal qui la débilite, si d’autres remèdes énergiques et
salutaires n’agissaient également sur celui-ci. La loi propo
sée n’est qu’une première étape vers un but que le législa
teur atteindra seulement à force de méthode et de volonté
fortes et persévérantes.
Une fois le régime de la marine marchande établi sur des
bases nouvelles, nombre de réformes resteront en eiïet à ac
complir encore. La plus pressante est la suppression de l’obs
tacle des vieilles institutions et des monopoles qui gênent
l’industrie maritime dans son exercice et son expansion. La
marine moderne traîne après elle un lourd héritage de for
malismes et de règlements qui la paralysent. Certes, je n’en
tends pas médire des monuments de l’ancien droit maritime
et je reconnais bien volontiers, avec Valin, que la grande
ordonnance d’août 1681 fut pour l’époque « sage dans sa
police générale et particulière, exacte dans ses décisions »,
savante même si l’on y tient ; mais cela n’empêche pas
qu’elle ait fait son temps.
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Prenons, par exemple, le courtage maritime àowiwow^Xxù
sommes redevables. Tandis que le privilège des courtiers
de commerce a disparu, celui des « courtiers interprètes et
conducteurs de navires » a résisté jusqu’ici à tous les as
sauts. L’emploi de ce courtier n’est pas obligatoire... mais
on ne peut généralement pas s’en passer.
Une des personnalités qui ont déposé devant la commis
sion extra-parlementaire a défini, avec une pittoresque et
juste sévérité, le rôle de frelon joué par ce personnage dans
les transactions maritimes :
« Vous faites, a dit notre déposant ('), un voyage qui vous
(i) M. ViGNOu, Commission extra-parlemenlaire d’enquôtc.