382 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
nous le pourrons, notre marine. M. Charles Roux exposait,
dans une récente conférence, à Bordeaux, la nécessité de
•réaliser à bref délai, pour y parvenir, quatre réformes dont
le Parlement est saisi par un rapport de M. le Myre de
Vilers et qui sont relatives ; i° à la composition des équi
pages; 2° aux primes à la navigation; 3° à la francisation des
navires ; 4® à la délivrance des brevets de chef mécanicien.
La première réforme soulève (quelques difficultés qui peu
vent être résolues, avec un peu de commune bonne volonté,
par l’entente des armateurs et du Syndicat des inscrits ma
ritimes. Quant aux autres, elles semblent des mieux justifiées.
En ce qui touche notamment les primes à la navigation,
voici quelle étrange situation est faite aux armateurs colo
niaux. En vertu d’un décret rendu pour l’application de la
loi du 3o janvier i8g3, un navire ne peut toucher, avant sa
rentrée en France, que les 4/5 des primes acquises, perd
même cette facullé au bout de cinq ans, et la liquidation
de ce qui lui reste dû ne peut avoir lieu qu’après son retour
en France. Or, les navires des armateurs coloniaux sont
d’un trop faible tonnage pour affronter sans danger une aussi
longue navigation ; en les supposant indifférents à ces ris
ques, la même raison les empêche d’accomplir ce voyage
avec un fret rémunérateur, le charbon nécessaire à la tra
versée absorbant la plus grande quantité de l’emplacement;
en tout état de cause, c’est une interruption de plusieurs
mois dans leur service. En fait, cette disposition prive les
armateurs coloniaux du bénéfice de la prime. Rien ne serait
plus simple, comme le demande M. Charles Roux, que de
garantir la liquidation de la prime intégrale, sans l’obliga
tion du retour en France, à tous les navires ayant leur port
d’attache dans nos colonies.
Pour la francisation, il s’agit de modifier les règles d’après
lesquelles un navire acheté dans une colonie française par