LE RÔLE DE LA MARINE MARCHANDE.
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merce, que les opérations de transport d’un navire français
laissent aux mains de nos nationaux sous forme de salaires,
dépenses de ravitaillement, frais de constructions maritimes,
etc., 7.5 p. 100 du fret contre 6 p. 100 que laisse eu
France le même fret ¡)ayé pour notre transport maritime
aux navires étrangers. »
Les neuf dixièmes du milliard qu’elle paie chaque trois
ans à l’armement étranger sont donc perdus définitivement
pour la France. ' ‘
Falsification de nos denrées, et comme conséquence dépréciation
de la marque française sur le marché universel ;
ruine possible de notre industrie, au cas d’une entente maritime
anglo-allemande ; tribut dhin milliard payé chaque trois
ans à l’étranger; perte sèche annuelle de deux cent quatrevingts
à trois cents millions de numéraire, qui sortent de
nos caisses pour n’y plus jamais rentrer et vont enrichir les
armateurs teutons ou britanniques ; est-ce là, du moins, le
bilan complet des maux que nous cause la décadence de la
marine marchande ?
VI. Le rôle colonial et militaire de la marine
marchande.
Hélas, non !
Aux regrets que peut causer une pareille situation, il
faut encore que viennent s’ajouter des angoisses patriotiques.
« L’intérêt de la nation tout entière, écrivait l’amiral
Réveillère dans une étude magistrale publiée par la Marine
française, veut que la France ait une marine marchande
aussi importante que possible. »
A quoi bon posséder des colonies, si l’on n’a pas de marine
marchande pour les relier à la mère-patrie ? Les hommes
d’Etat de la troisième République, aiguillés dans cette voie
par Jules Ferry, ont dirigé tout l’elforl de l’action extérieure