Full text : Le problème de la marine marchande

34  TE  PROBLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.
sera  l’iionneur  éternel  des  républicains  Gornjeard,  Aube,
Lockroy,  Camille  Pelletan,  Glémenceau,  René  Goblet,
Rrisson,  de  La  Porte,  d’avoir  comme  ministres,  députés,
publicistes,  sans  souci  des  railleries  réactionnaires  (jui  prétendaient ­
  les  accabler,  appelé  l’attention  du  pays  sur  le  problème ­
  naval.
•  «  Il  faut  regarder  la  mer,  écrivait  dans  son  beau  livre  La
Défense  navale  M.  Édouard  Lockroy.  C’est  de  là  que  vient
le  danqer  actuel.  Il  est  qrand.  On  a  délaissé  la  marine,  ou
plutôt  on  l’a  abandonnée  à  elle-même.  L’esprit  de  routine,
si  vivace  chez  elle,  l’a  affaiblie.  Ce  n’est  pas  (jue  nos  marins
aient  dégénéré.  Ils  sont  restés  les  mêmes  qu’autre  fois.  Ils  ont
gardé  leurs  qualités  premières,  leur  haute  intelligence,  leur
admirable  héroïsme.  Mais  l’organisation  même  des  services  ne
s’est  pas  pliée  aux  besoins  nouveaux.  L’esprit  moderne  ne
l’a  pas  pénétrée  ;  les  traditions  de  la  marine  à  voile  s’imposent ­
  encore  à  la  marine  à  vapeur.  Une  apathie  traditionnelle
a  paralysé  la  défense.  Ni  les  bases  d’opérations,  ni  les  défenses ­
  métropolitaines,  ni  les  flottilles,  ni  la  flotte  elle-même
ne  sont  suffisamment  [irêtes  aux  luttes  terribles  que  verront
un  jour  les  océans.  »
Ce  langage  de  M.  Lockroy,  il  y  a  vingt  ans  que  les  républicains ­
  le  tiennent.  La  Chambre  s’est  laissée  convaincre  de
sa  justesse  et  a  patriotiquement  consenti  les  sacrifices
énormes  d’argent  qui  lui  furent  demandés  pour  mettre  la
flotte  en  mesure  d’accomplir  tout  son  devoir  envers  la
France,  lorsque  la  destinée  l’y  appellera.
Mais,  ici  encore,  la  même  interrogation  monte  aux  lèvres.
A  quoi  bon  une  marine  de  guerre  formidable,  si  son  objectif
n’est  pas,  en  même  temps  que  de  défendre  nos  colonies,  de
protéger  notre  commerce?  Et  comment  aurions  nous  un
commerce  à  protéger,  si  son  instrument  de  transport  restait
demain  ce  qu’il  est  aujourd’hui  —  étranger  à  la  France  ?
            
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