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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
A quoi rimerait celte dépense de 5oo millions, rien que
pour notre Holte de liqne, si nous ne nous préoccupions
pas de créer, de développer derrière elle, eu quekpie sorte
à son ombre et sous son abri, une marine marchande?
La marine de querre, privée de l’appui nécessaire de la
marine commerciale, est, en eiret, un corjis sans âme.
« Une grande nation comme la notre, déclare le 8 août 1897
la Bourse du travail de Nantes Q'), doit avoir ses cadres tout
formés de marins, de charpentiers, de métallurgistes, de
forgerons, de menuisiers, de cordiers, de voiliers, de pou-
lieurs, de gréeurs, d’ouvriers du port. 11 y a là une force
vive qu’elle n’a pas le droit de gaspiller.
« Les rudes travaux de la marine, (pu conviennent mieux
à la race bretonne que la fabrication de la bimbeloterie, des
articles de mode ou de la parfumerie, forment des hommes
habiles dans leur profession, laborieux, résistants à la fati
gue, dont on a eu souvent besoin dans les temps de crises
nationah's et doid on aura besoin encore— »
Lien de plus vrai ni de plus juste. Qu’un conllil éclate :
sans mécaniciens exercés, sans ouvriers spécialistes, sans ins
tallations suflisantes dans nos grands centres maritimes pour
les réparations, notre Hotte, réduite aux seules ressources
des arsenaux, se verra paralysée par les avaries, impuissante
à ])roiiler des occasions favorables, réduite à perdre un
temps précieux. Le temps, l’occasion favorable, cela s’appelle
en pareil cas la victoire. Ecoutons encore M, LockroyQ) :
(( La victoire appartiendra à la nation qui aura le mieux
veillé à tous les détails de son outillage, qui aura en plus
grand nombre amassé, dans des ports bien abrités et bien
défendus, les remorqueurs, les chalands, les charbonniers,
les citernes, nécessaires au prompt ravitaillement de ses
(1) Commission exlra-parlementaire de la marine. Sous-commission d'enquéle, p. SaO.
(2) La Défense navale, p. 05.