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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
honorés de la proxénie. Ce décret honorifique devait être affiché
aux frais de la ville dans le temple d Apollon.
Nous ne savons pas sur quoi le différend a roulé, pas plus que
son issue ; mais les Géronthréens montrent une telle reconnaisance
à leurs porte-paroles eubéens que le jugement doit avoir été rendu
en leur faveur.
Sonne 1 et Bérard 2 rapportent cette décision arbitrale à l’époque
qui va de 195 à 146. Jusqu’à 195 en effet Géronthrée avait dé
pendu de Sparte, mais cette année-là Flamininus lui donna la liberté
ainsi qu’aux autres villes maritimes de la Laconie ; les Romains
n’étant pas mentionnés, l’année 146 est considérée comme 1 extrême
limite inférieure. La Ligue eubéenne 3 qui est nommée dans 1 inscrip
tion doit avoir aussi existé avant la même époque. Mais la Ligue
laconienne 4 qui est mentionnée comme jugeant 1 affaire, n a pas,
autant que nous sachions, existé entre 195 et 146, mais parait avoir
été fondée par les Romains 5 . En 195 Géronthée et les villes mari
times furent sans doute libérées de Sparte, mais elles furent trans
mises à la Ligue achéenne 6 et lui appartinrent jusqu’à la dissolution
de la Ligue en 146.
On se tient donc sur le terrain le plus solide en rapportant cette affaire
d’arbitrage au commencement du I er siècle av. J. C. 7 Dans ces con
ditions on aurait pu s’attendre à ce que le nom des Romains fut
mentionné, puisque la Ligue laconienne dépendait de Rome. Mais
nous avons vu au cours de l’affaire précédente combien les Romains
reconnaissaient à leurs sujets de liberté pour régler entre eux leurs
rapports réciproques tant qu’ils ne mettaient pas en danger la do
mination romaine.
L c. p. 15. — * 1. c. p. 12. — 8 Koivòv rrâv Eüßoecov. — 4 Koivòv tcòv Aaxe&cti-
prnícov', où il faut reconnaître la ligue dite des Eleuthérolaconiens. - 5 Strabon
Mil, 366. Pausanias III, 21, 6, attribue, moins correctement sans doute, la fonda;
tion de la Ligue à Auguste. Cfr. Brandis dans Pauly Real. ed. Wissowa V n
2353. - 6 Tite-Live XXXVIII, 31. - 7 G. Colin 1. c. p. 649.