L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
Corinthiens par leur sentence terminèrent le différend d’Athènes et
Thèbes au sujet de la situation juridique de Platée \
Ces cinq cas sont les seules affaires d’arbitrages certaines que nous
connaissions de la période antérieure à la guerre des Perses ; il ne
faut cependant pas en conclure qu’ils ont été les seuls de cette
époque. D’une part nous n’avons qu’une connaissance très incomplète
de ces époques anciennes et d’autre part les choses ne se présen
teraient sans doute pas très différemment, si les auteurs avaient eu
des renseignements plus complets. Car même pour les époques plus
rapprochées, ce n’est pas à la littérature ordinaire que nous devons la
connaissance de la plupart des applications de l’arbitrage, mais ce sont
les inscriptions qui sont ici notre source la meilleure et la plus
riche. Dans ces conditions on ne peut guère s’étonner de ce que
nous connaissions relativement si peu de cas de 1 époque ancienne,
car les inscriptions, si l’on peut dire, nous font complètement défaut 1 2 .
On peut sans doute, sans risquer de se tromper beaucoup, admettre
au moins une application plus habituelle de l’arbitrage international
à l’époque qui avoisine l’an 700. A cette époque les dernières
vagues des grandes migrations étaient disparues ; les états nationaux
indépendants avaient eu le temps de s’organiser et de se consolider.
Il surgit alors une série d’états qui pouvaient dans une certaine
mesure se tendre la perche l’un à l’autre. A ce moment aussi il y avait
sans doute de grandes différences de puissance entre les divers états ;
mais on ne peut cependant citer aucune autre époque de l’histoire
grecque où l’on puisse parler au même degré d’un certain système
d’équilibre entre les divers états de l’Hellade. En même temps ces
états étaient sortis de leur isolement national ; la marine, l’industrie
et l’activité artistique s’étaient élevées au rang de moyens d’existence
très importants. Grâce à ceci et grâce à la colonisation remarquable
qui fleurit à cette époque, les états étaient entrés en relations réci
proques, et des intérêts économiques aussi bien communs que diver-
1 n° VI. - 2 W. Larfeld, Handbuch d. griech. Epigraph. Leipzig 1907. I p. 174.
10 — Publ. de l’Inst. Nobel norvégien, 1.
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