L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
de Maronée \ Le différend portait sur Strymé, un port thrace proche
de Maronée. Nous ne connaissons cet événement que par une lettre
de Philippe de Macédoine aux Athéniens en l’an 342. Il en résulte
que c’est Athènes qui avait mis debout cet arbitrage. Philippe écrit
en effet : « Examinez combien il est illogique que les Athéniens
aient forcé les Thasiens et les Maronites à faire trancher leur diffé
rend sur Strymé par la voie pacifique d’un jugement et que les
mêmes maintenant ne veulent plus faire trancher de la même manière
les difficultés que nous avons ensemble ».
Dans la fin de sa lettre Philippe vise la proposition qu’il avait
faite aux Athéniens de faire trancher par l’arbitrage d’un état impar
tial les différends qui existaient entre eux au sujet de l’île de Halones
et de divers autres 8 . Halonès qui était située au nord de la mer
Egée avait précédemment appartenu à Athènes, mais avait été occupée
par des pirates. Philippe leur enleva l’île et refusa de la rendre
lorsque les Athéniens la lui réclamèrent. Les Athéniens repoussèrent
la proposition d’arbitrage faite par Philippe. Ceci eut lieu sur
le conseil de Démosthènes et d’Hégésippe ; ils prétendaient, et
sans doute avec raison, que Philippe n’était pas loyal en faisant
cette proposition mais qu’il voulait simplement endormir les Athé
niens, et les empêcher par ses propositions d’apparence pacifique,
d’entrer en campagne avant qu’il ne fût lui-même prêt ; Démosthènes
prétendait en même temps qu il serait impossible de trouver un
troisième état véritablement impartial, qui pût fonctionner comme
juge, et Hégésippe insistait en disant que Philippe à l’occasion
s’entendrait bien à corrompre les juges.
A cote de ces cas d’application de l’arbitrage compromissoire nous
connaissons à cette époque deux exemples d’application de l’arbi
trage entre états alliés. Nous avons justement cité un cas où les
« Thessaliens libres » c'est à dire leur Ligue, rendirent un jugement».
La Ligue ionienne fonctionne comme juge dans un différend entre
' n° XXV. - ' n° XXVI. - ' n° XIX, 2.