Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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A.  RÆDER
les  Thébains  devant  le  tribunal  du  Conseil  \  La  plainte  visait  l’occupation ­
  de  la  forteresse  thébaine  de  Kadméa,  par  les  Lacédémoniens, ­
  en  l’an  382.  La  plainte  dût  être  faite  quelques  années  plus
tard,  entre  l’an  371  et  l’an  356,  à  une  époque  où  les  Thébains  avaient
la  prépondérance  au  Conseil  des  Amphictyons.
Le  Conseil  aurait  condamné  les  Lacédémoniens  à  une  amende
de  500  talents  (environ  3.000.000  frs.).  Comme  ceux-ci  ne  voulaient
pas  payer,  l’amende  fut  doublée.  On  ne  put  faire  davantage.  Et  si
cette  cause  put  être  soumise  au  Conseil,  la  raison  en  est  certainement ­
  que  l’occupation  de  Kadméa  eut  lieu  pendant  la  trêve  qui
accompagnait  les  jeux  pythiques,  célébrés  justement  en  l’honneur
d’Apollon  Delphien 2 .
C’est  une  explication  semblable  qu’il  faut  sans  doute  donner  à
un  autre  cas  cité  par  Pausanias  3  :  Philippe  de  Macédoine  et  Alexandre ­
  le  Grand  auraient  cité  leurs  adversaires  d’Hellade  devant  le
tribunal  des  Amphictyons.  On  peut  rapprocher  de  ceci  ce  qu’on
rapporte 4  de  Démosthènes  qui,  à  l’époque  d’Alexandre,  aurait  été
cité  devant  le  même  tribunal.  Les  Athéniens  refusèrent  pourtant  de
le  livrer,  de  sorte  que  cette  affaire  n’eut  pas  de  suites.
Le  prétexte  de  ces  citations  était  bien  la  transgression  de  l’une  ou
l’autre  décision  des  Amphictyons  5 .  En  tout  cas  il  ne  s’agit  pas  ici
d’états,  mais  d’individualités 6 ,  de  sorte  que  de  toute  façon  on  n’en
peut  tirer  aucune  preuve  du  prétendu  caractère  de  tribunal  permanent ­
  d’arbitrage  international  qu’aurait  eu  le  Conseil.
Parmi  ces  causes,  qui  furent  jugées  par  le  Conseil  Amphictyonique
comme  découlant  naturellement  de  la  compétence  particulière  de
l’Amphictyonie  elle-même,  on  peut  aussi  ranger  le  cas  que  Ruggiero  7
présente  comme  une  affaire  d’arbitrage  ordinaire,  où  le  Conseil  aurait
fonctionné  comme  tribunal  compromissoire  d’arbitrage.  Il  s’agit  d’une
régularisation  de  frontières  à  laquelle  les  hiéromnémons  de  l’Atn-1

  Diodore  XVI,  23.  —  2  Grote  Gr.  Gesch.  deut.  Ueber.  V a ,  p.  323 1S7 .  —  8  VII,
10,  10.  —  4  Demosth.  De  cor.  p.  332  R.  Esch,  in  Ct.  p.  549  R.  —  5  Bürgel  1.  c.
P-  217.  —  6  Meier  1.  c.  p.  37.  —  7  L.  c.  p.  232  et  ss.
            
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