Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

A.  RÆDER

unis  pour  chercher  à  rendre  moins  cruelles  les  relations  de  voisinage
et  les  guerres,  et  pour  empêcher  qu’un  peuple  prive  l’autre  d’eau,
que  ce  soit  en  temps  de  guerre  ou  de  paix.
Selon  l’usage  de  l’époque,  ils  ont  donné  à  cet  accord  un  caractère
religieux,  la  reconnaissance  d’une  divinité  commune  et  son  culte  en
commun  étant  les  formes  extérieures  de  cet  accord.  Dans  la  suite
quand  les  peuples  de  l’Hellade  septentrionale  et  centrale,  qui  à
l’origine  avaient  formé  l’Amphictyonie,  se  répandirent  sur  l’Hellade,
l’Amphictyonie  en  vint  à  comprendre  la  plus  grande  partie  de  l’Hellade
  proprement  dite,  mais  son  caractère  et  sa  compétence  n’en  furent
pas  pour  cela  essentiellement  modifiés.
Nous  entendons  souvent  parler  de  «  lois  ou  de  coutumes  helléniques ­
  communes  » 1  qui  auraient  été  moralement  obligatoires  pour
tout  le  peuple  hellénique.  On  ne  doit  cependant  pas  penser  que
ces  expressions  se  réfèrent  à  des  lois  formulées  qui  auraient  été  admises ­
  par  les  divers  états.  Elles  se  réfèrent  vraisemblablement  plutôt
à  des  lois  non-écrites 2 .  C’était  un  droit  coutumier  auquel  on  ne
pouvait  contrevenir,  sans  offenser  les  Dieux.  L’Amphictyonie  pylaeodelphienne,
  comme  nous  l’avons  vu,  a  donné  une  forme  précise  à
deux  de  ces  préceptes,  et  a  obligé  ses  membres  à  les  respecter  et  à
les  faire  observer.
D’autres  préceptes  que  ceux  qui  sont  mentionnés  dans  le  serment,
ont-ils  été  élevés  au  rang  de  «lois  amphictyoniques  » 3 ?  Nous  ne
le  savons  pas  avec  certitude  ;  mais  une  semblable  supposition  n’est
pas  interdite 4 .  C’est  peut-être  ainsi  qu’ont  été  formulées  les  lois
amphictyoniques  dirigées  contre  la  piraterie.  Ceci  peut  être  conclu
du  récit  de  Plutarque 5 ,  d’après  lequel  le  Conseil  des  Amphictyons
décréta  que,  pour  ce  motif,  les  Dolopes  seraient  chassés  de  Skyros
(environ  vers  l’an  478),  ce  qui  eut  pour  résultat  qu’Athènes  s’empara ­
  de  l’île.
1  Koivà  TÓòv  ‘EXX^vcnv  vôpipa,  xoivoi  vó¡uoi,  xoivai  8íxai  xf\c;  ‘EXXáòoç.  Tò  xâot  toîç
"EXXr\ot  xct&eoTi\xôç.  —  2  vôjuot  aypacpot.  —  3  Denys  d’Halic.  IV,  25,  3.  —  4  Bürgel  1.  c.
p.  1S6.  —  6  Kimon  8.
            
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