Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES
Athènes  et  certains  états  du  Péloponnèse  pour  savoir  qui  avait  droit
à  la  colonie.  Mais  ceci  repose  sur  une  erreur,  car  c  étaient  les  colons
athéniens  et  péloponnésiens  de  Thurioi  qui  portaient  1  affaire  devant
le  tribunal  de  l’Oracle  h  L’Oracle  répondit  que  c’était  lui-même  qui
devait  être  considéré  comme  le  véritable  fondateur  de  la  colonie.
On  n’a  donc  ici  par  conséquent  aucune  décision  arbitrale  entre
états,  mais  le  cas  est  caractéristique  de  la  situation  prédominante
qu’occupait  l’Oracle  dans  le  domaine  de  la  colonisation  et  du  droit
colonial.
Bien  que  nous  ne  connaissions  pas  d  autres  cas  que  ceux-là,  il
est  assez  vraisemblable  que  Delphes  ait  été  utilisé  plus  souvent
comme  arbitre,  surtout  dans  ce  domaine  spécial.  Il  y  a  lieu  aussi
d  admettre  que  Delphes  a  fonctionné  comme  arbitre  compromissoire
plus  souvent  que  l’Amphictyonie  pylaeo-delphienne,  dont  elle  prit
de  plus  en  plus  la  place,  au  cours  des  temps,  comme  centre  de
l’unité  hellénique.
Comme  on  peut  le  voir,  l’Oracle  n’agit  pas  comme  arbitre  permanent ­
  mais  comme  arbitre  compromissoire.
Ceci,  comme  aussi  ce  que  nous  avons  vu  de  l’Amphictyonie  argienne,
  appuie  sans  réserve  l’opinion  que  le  Conseil  Amphictyonique
de  Delphes  fonctionnait  aussi  comme  arbitre  compromissoire.
On  peut  voir,  par  ce  que  nous  avons  exposé,  que  le  Conseil  était
un  tribunal  considéré,  et  même  que  l’on  peut  avec  une  certaine
raison  l’appeler,  comme  un  auteur  ancien  \  le  tribunal  commun  de
l’Hellade.  Mais  comme  nous  l’avons  vu,  c’est  seulement  dans  un
cadre  déterminé  que  le  Conseil  était  un  tribunal  permanent  pouvant ­
  intervenir  sans  qu’il  fût  besoin  de  demander  l’autorisation  des
parties.
Il  ne  peut  juger  que  lorsqu’il  y  a  une  atteinte  aux  conventions
qui  forment  la  base  de  l’Amphictyonie  ou  aux  devoirs  qu’elle  s’est
imposés,  c’est-à-dire  lorsque  l’un  des  membres  de  l’Amphictyonie  a
1  Schoemann,  Gr.  Altert.  II 8  p.  435  ».  -  2  Schol.  Dem.  De  pace  p.  55  :  Kotvôv
‘EMáòcx;  btxctcSTTÎpiov.
            
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