Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES

2.  Un  autre  long  différend  fréquemment  cité  ne  fut  définitivement ­
  tranché  que  par  une  décision  de  Rome.  Ce  fut  le  différend  de
Samos  et  Priène 1  au  sujet  du  district  de  Dryussa  et  du  châteaufort
  de  Karion.  Plusieurs  jugements  avaient  été  rendus  dans  cette
affaire  et  pour  cette  question  particulièrement  avec  un  résultat  heureux ­
  pour  Priène.  Lorsque  survint  la  guerre  entre  Rome  et  le  roi
Antiochus  de  Syrie,  les  Samiens  mirent  à  profit  la  situation,  les
Romains  étant  devenus  les  maîtres  de  l’Asie  Mineure  Lorsque  Gnéïus-Manlius
  Volso  en  188  fut  chargé  d’organiser  les  affaires  dans  cette
région,  ils  soumirent  l’affaire  à  son  arbitrage 8  et  réussirent  cette
lois  à  obtenir  un  jugement  en  leur  faveur.  Il  est  vrai  que  Manlius
en  cette  circonstance  tint  compte  d’autres  considérations  que  celles
de  droit  pur,  et  lorsque  les  Romains  eurent  quitté  l’Asie  Mineure,
Priène  organisa  un  nouvel  arbitrage.  Le  tribunal  était  composé
cette  fois  de  cinq  Rhodiens,  et  ils  attribuèrent  le  district  à
Priène  3 .
Samos  chercha  à  faire  réformer  ce  jugement  et  réussit  en  l’an  135,
par  conséquent  avant  que  ces  régions  ne  fussent  soumises  par  Rome,
à  faire  soumettre  1  affaire  au  Sénat 4 .  Les  deux  parties  comparurent
et  menèrent  leur  procédure.  Samos  prétendait  que  le  jugement  de
Manlius  devait  être  maintenu  par  la  force,  et  Priène  que  la  décision ­
  des  Rhodiens  devait  être  maintenue.  Dans  cette  affaire  non
plus  le  Sénat  ne  rendit  pas  un  véritable  jugement  mais  un  simple
sénatus-consulte 5  par  lequel  le  fond  de  l’affaire  fut  repoussé.  Le
Sénat  déclara  en  effet  que  l’affaire  du  consentement  des  deux  parties ­
  avait  été  tranchée  par  l’arbitrage  des  Rhodiens,  et  les  frontières
déterminées  par  eux.  Ce  jugement  légalement  rendu  devait  en  conséquence ­
  être  maintenu  par  la  force.
Lorsque  surgirent  des  doutes  sur  la  manière  dont  la  frontière
determinee  par  les  Rhodiens  se  présentait  en  détail,  une  commis-'

  n°  XXXIV.  -  '  n°  XXXIV.  2.  -  '  n°  XXXIV.
6  Dittenberger  S  =  n°  315  :  bóypa  tò  xopio&év  %apà  tou
loin  on  lit  :  aepi  toÚtov  tov  apáypcuoç  àaoxp^vcn  ovtwç

3-  -  4  n°  XXXIV.  4.  -
ôuvxX/yrou  ‘Poopatcov.  Pl us
fòo^ev.
            
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