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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
d’inscription vise entre autres l’assemblée de cette ligue 1 ; il y s agit
peut-être d’une affaire où l’assemblée fonctionnait comme juge.
La célèbre Ligue ionienne est plus importante. Les Ioniens de
l’Asie Mineure s’étaient de bonne heure groupés en une ligue ont
le centre était le sanctuaire de Panionion dans la presqu île de Mycale ;
c’est là que les douze villes Ioniennes célébraient leurs fetes et
leurs sacrifices en commun. D’après Denys d’Halicarnasse , la
ligue aurait organisé différentes institutions communes et parmi elles
des tribunaux d’arbitrage qui fonctionnèrent sitôt qu’ils purent servir
de modèle au roi romain Servius Tullius. Il y a cepen ant à une
exagération ; car nous savons par Hérodote que ce fut seu ement
en l’an 493, sur l’ordre du Satrape perse Artaphernès, que les Ioniens
s’engagèrent à faire trancher leurs différends intérieurs par la voie
judiciaire, au heu de recourir à la force. Hérodote emploie meme une
expression très forte puisqu’il déclare qu Artaphernès dut contraindre
les Ioniens à ce faire. Nous ne savons pas dans quelle mesure cette
convention eut une importance pratique ; les villes de la ligue
entrèrent d’ailleurs bientôt après dans la première Ligue attique.
Lorsque, au début du IV e siècle, les Ioniens furent retombés sous
la domination des Perses, nous voyons que la ligue a reçu l’autorité
de juger les différends de ses membres. En 1 an 392 un différend
survenu entre les villes de Milet et Myonte fut soumis au tribunal
de la ligue composé de cinq représentants des autres villes Ioniennes 0 ;
c’étaient cinq envoyés de chaque ville ; en tout cas six villes étaient
représentées. Le différend portait sur une question de frontières ; My
onte abandonna le procès, lorsque les frontières eurent été déterminées
et les témoins entendus.
1 Bull, de corr. hellénique XXVIII (1904) p. 121 ed. F. Dürrbach. — 2 voir
p. 69. — s IV, 25, 5 : ©ECDpqöavxec; bè xat xavrpíupíaavxEc; xat xàç âXXaç (piXocppoomaç
nap' àXXqXcov <xvaXaß0vxe<;, eï xt xpóôxpouôpa (itóXei) npò<; TtôXtv ÈyÉyo\Et, btxacxat
xa&eÇópevoi btrpœv xat xept xoû xpôç ßapßapou«; xóXejiov xaí xEpt 1% xpòç áXXqXouç
ópotppooúvqç xotvàc; èxotoúvxo ßouXai;. — 4 VI, 42 : ’Aptacpépvqç ó Zapbtœv ííxapxoç
pETaxEp^apEvoi; ày^ÉXouq èx trâv xoXícov ôuv&qxaç ocpíôt auxotoi xoúç ’Tcdvck; qváyxaOE
rtotÉEG&at, fvo bcooíbtxox eIev xat pfj àXXqXovç (pÉpotÉv xe xat ayotEv. — 5 n° XVII.