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A. RÆDER
de séparer ainsi Syracuse de Sélinonte. Car ils supposaient que
Sélinonte repousserait la proposition et que Syracuse s’en trouverait
offensée 1 . Ce calcul donna d’ailleurs le résultat attendu. Les Ségon-
tins avaient aussi leurs arrière-pensées lorsqu’ils proposèrent à
Carthage l’arbitrage de Rome. Cependant ces exemples sont em
pruntés à des états qui, en partie du moins, se trouvaient en dehors
du monde hellénique. Des considérations semblables ont joué sans
doute aussi leur rôle parmi des états vraiment grecs, surtout après
que les rois macédoniéns et les Romains eurent commencé à se
mêler des affaires grecques, ainsi lorsque Mégalopolis et Messène
proposèrent à Sparte l’arbitrage de Philippe, ou plus tard lorsque
le Sénat fut mêlé aux mêmes affaires. Repousser une semblable
proposition offrait bien des risques ; aussi l’adversaire préférait encore
accepter la proposition, même s’il ne pouvait espérer un jugement
particulièrement impartial de la puissance ainsi mise en avant dans
la proposition.
3. CONCLUSION DU COMPROMIS ET SA TENEUR
Quand les parties s’étaient entendues pour chercher à faire trancher
par l’arbitrage leur situation réciproque, elles se mettaient en devoir
de conclure une convention les liant, un compromis 2 (compro-
missum 3 ), dans lequel on déterminerait les conditions précises.
1 Diodore, XIII, 43. — 2 Ces traités entre états grecs étaient appelés oupßoXov.
Harpokration S. V. öufxß. : oßp.ßoXa xàç om&qxai; aç av al xôXeiç àXXqXaiç 9-épevai
xáxxcoot xok TtoXíxaiç cooxe fnòóvai xal Xajußaveiv xà btxaia. En conformité avec ceci
nous trouvons un traité d’arbitrage entre Athènes et la Ligue béotienne appelé
öß|u.ßoXov (n° XXVIII) de même que le traité entre Naxos et Archésine (n° XXXVII).
Dittenberger S 2 n° 227 4 nie que mlpßoXov puisse être employé à propos de traités
où se trouve une convention d’arbitrage entre les états ; on ne peut l’employer
que lorsqu’il s’agit de différends entre citoyens de villes différentes. Voyez cepen
dant Hitzig Alt.-Gr. Staatvertrage p. 47. On emploie aussi d’autres expressions
comme ypáxxov (n° LXX) ou bien on dit simplement que les parties s’étaient
mises d’accord sur ceci et cela : ek ópóXoyov (n° LUI), xà ópóXoya aùxoîc; yeyovôxa
(n° XLVII). — 3 Paulus. Dig. IV, 8, 1 : «Compromissum ad similitudinem judici-
orum redigitur et ad Amendas lites pertinet».