Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES
que  dans  le  contrat  lui-même  il  n’y  ait  aucune  clause  précise  sur
la  manière  dont  l’affaire  devait  être  organisée  dans  les  détails,  c’està-dire,
  comment  la  ville,  où  l’on  devait  prendre  les  juges,  devait
être  choisie.  Une  telle  clause  manque  aussi  dans  le  traité  de  paix  de
421  entre  les  deux  mêmes  puissances  ;  il  se  contente  de  déterminer
que  la  décision  judiciaire  devra  intervenir  «  d’après  l’organisation
sur  laquelle  les  deux  parties  tomberont  d’accord  ». 1
De  tout  ce  qui  vient  d’être  dit,  il  ressort  que  la  clause  d’arbitrage ­
  dont  il  est  ici  question  à  joué  un  rôle,  quand  la  guerre  surgit
entre  Athènes  et  les  états  péloponésiens  dirigés  par  Sparte.
Le  but  du  traité  était  d’empêcher  la  guerre  ;  mais  il  apparut  que
les  divergences  étaient  trop  profondes  pour  qu’elle  pussent  être  réglées ­
  par  voie  judiciaire,  et  ceci,  bien  que  les  points  précis  en  litige
paraissent  avoir  été  d’un  caractère  qui  aurait  dû  permettre  de  les
faire  trancher  par  un  règlement  d’arbitrage.
C’était  Corinthe,  la  rivale  d’Athènes  en  commerce,  industrie,  et
marine  qui  poussait  à  la  guerre,  et,  en  définitive,  imposait  ses  exigences. ­
  Parmi  les  réclamations  dirigées  par  Corinthe  contre  Athènes,
on  peut  citer  :
1°  —  Qu’Athènes  avait  appuyé  Corcyre  dans  la  guerre  qu  elle  fit
à  Corinthe.
2  —  Qu’Athènes  cherchait  par  la  force  des  armes  à  réduire  la
colonie  corinthienne  Potidée.
A  ceci  s’ajoutent  les  plaintes  d’Egine  et  de  Mégare  qui  prétendent ­
  avoir  été  traitées  injustement  par  Athènes.
Pour  ce  qui  a  trait  à  l’affaire  de  Corcyre,  il  sera  raconté  plus  loin, 2
comment  surgit  la  lutte  de  Corcyre  avec  Corinthe  au  sujet  d’Epidamne.
  Corinthe  ayant  refusé  de  laisser  trancher  ce  différend  par
un  arbitrage,  comme  Corcyre  le  proposait,  et  s’étant  au  contraire
décidée  à  appuyer  par  les  armes  Epidamne,  dans  le  combat  qu’elle
soutenait  contre  Corcyre,  les  Corcyréens  avaient  envoyé  à  Athènes

1  Thucydide  V,  18,  voyez  les  détails  n°.  XII.  —  2  n°.  IX.
            
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