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A. RÆDER
fin il n’y avait plus que deux Argiens et un Spartiate vivants ; les
deux parties prétendirent avoir vaincu ; le résultat en fut un combat
général où les Spartiates remportèrent la victoire et par conséquent
conservèrent le pays discuté.
Tandis qu’Hérodote fait résulter le combat singulier qu’il décrit
d’un accord verbal entre les deux parties compétentes, l’historien
Chrysermos de Corinthe 1 donne une autre version ; il présente le
combat singulier comme ayant été proposé par les amphictyons et
il montre à la fin les mêmes amphictyons venant examiner le lieu
du combat et déclarer les Spartiates vainqueurs dans le combat sin
gulier. Ce récit doit viser l’amphictyonie argienne, mais là, comme
toujours, il faut sans doute voir dans les récits de Chrysermos, quand ils
dépassent les descriptions d’Hérodote, des broderies dues à la légende.
Les pourparlers entre Argos et Sparte ne donnèrent aucun ré
sultat, malgré la bonne volonté des Spartiates. Le parti de la guerre
dans Athènes, Alcibiade en tête, obtint la majorité ; ce qui eut
pour conséquence qu’Athènes offrit à Argos une alliance, dont le
résultat fut la rupture d’Argos avec Sparte et sa liaison avec les
Athéniens et leurs alliés : Mantinée et Elide. 2
XIV.
Clause d’Arbitrage dans le Traité cinquantenaire de paix et
d’alliance entre SPARTE & ARGOS. L’an 418
A l’automne 418, les Argiens et leurs alliés étaient prêts à engager
le combat contre les Spartiates et leur alliés, qui avaient envahi l’Ar-
golide. Alors deux hommes du parti oligarchique d’Argos s’adres
sèrent au roi Spartiate Agis, et devant l’armée ennemie, déclarèrent
que les Argiens étaient disposés à la paix et à un accord, si les
plaintes qui pourraient surgir contre eux de la part des Spartiates
et vice-versa pouvaient être tranchées par voie juridique. 3
1 Müller, Fr. hist. Graec. IV 361. — 2 v. Scala 1. c. n° 87. — 3 Thucydide V,
59, 5 : éxorpouç yàp eivar ’Apyetouç òtxaç boûvar xar bé^ao&ar ïoaç xaí ópoíaç, er Tr
extxaXoüörv Apyetorc; Aaxe&arpóvrot, xat xò Xorxòv erpr^vr|v ctyetv ôtiovÒck; xorr(aa|uévouc;.