62
A. RÆDER
Sur la proposition qui lui en était faite, Milet se chargea de cette
mission. L’Assemblée du peuple fut réunie le jour dont les parties
avaient convenu, et on choisit par tirage au sort un tribunal de 600
hommes, le plus nombreux tribunal que connaissaient les lois de
Milet ; les juges furent choisis parmi tous les citoyens. Les deux
parties firent plaider devant ce tribunal, chacune par un avocat.
Chaque partie avait la parole deux fois pour un temps déterminé
d’avance, et dont elles avaient elles-mêmes fixé d’accord la durée.
Lorsque la procédure fut terminée, la question fut posée aux juges
de savoir si les Messéniens ou les Lacédémoniens avaient occupé
avec raison le district en jeu, lorsque Mummius était arrivé en Hel-
lade ; 584 voix votèrent en faveur des Messéniens, 16 pour les Lacé
démoniens. Ceci en tous cas concorde avec la brève énonciation de
Tacite à l’endroit précédemment cité. On voit que 393 jours s’écou
lèrent entre la décision du Sénat et le prononcé du jugement.
L’inscription raconte ensuite qu’une ambassade se rendit de Mes-
sène à Elide pour demander que le jugement rendu à Milet fût
affiché publiquement à Olympic, et pour cela les Messéniens invo
quaient la vieille amitié qui les unissaient à Elide. L’ambassade ap
portait une lettre du gouvernement de Milet aux autorités d’Elide,
où il était dit que sur la demande des Messéniens, il leur avait été
remis une copie du jugement, munie du cachet de la ville de Milet.
Le Conseil d’Elide décida que les Messéniens recevraient l’autorisa
tion demandée et il décréta en même temps divers témoignages hono
rifiques pour les envoyés messéniens.
Le prononcé du jugement de Milet doit être intervenu quelques
années seulement après la décision de L. Mummius. Le préteur dont
il a été question, Q. Calpurnius, qui avait exposé l’affaire au Sénat
romain, était Consul en l’an 135; sa préture doit donc se placer
quelques années avant, vers l’an 140.
D’après Tacite, 1 les Lacédémoniens n’abandonnèrent pas leurs pré
tentions et obtinrent qu’Octavien et Marc-Antoine leur attribuassent le
1 Ann. 1. c.