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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
la paix, parce qu’il avait été décidé, lors de la conclusion de la paix
de 445, qu’aucune des parties n’avait le droit d’aider à la chute des
alliés de l’autre partie.
Quant aux plaintes concernant la manière d’agir d’Athènes vis-
à-vis d’Egine et de Mégare, il n’est pas possible de s’en faire une
opinion tout-à-fait certaine, car on ne connaît pas le texte exact des
clauses que le traité de 445 contenait au sujet de la situation vis_
à-vis d’Athènes de ces deux états appartenant à la Ligue attique.
Les Corinthiens qui désiraient à tout prix entraîner Sparte à faire
la guerre, accusèrent Athènes d’avoir rompu la paix 1 par cette al
liance avec Corcyre, et par le siège de Potidée et des Corinthiens
qui s’y trouvaient. De sorte que Sparte et ses alliés auraient
pu, d’après eux, sans plus d’explications se lancer à l’attaque
d’Athènes.
Les Corinthiens ayant maintenu ceci, au cours de la première as
semblée de la Ligue à Sparte pendant l’été 432, les Athéniens pré-
sonts protestèrent contre cette prétention, qu’il y aurait eu viola
tion quelconque de la paix ou du traité du côté d’Athènes, et
engagèrent les Spartiates à laisser trancher les points en litige par
un arbitrage, conformément au contrat. 2
Dans les débats de l’Assemblée du peuple Spartiate qui suivirent
le discours des envoyés athéniens, le roi Spartiate Archidamos re
commande à ses compatriotes de ne pas suivre le conseil de Co
rinthe, car il ne convient pas de s’éloigner de la question de droit
et de considérer, sans discussion, les Athéniens, comme ayant rompu
la paix ; c’est pourquoi il conseillait de poursuivre les négociations
pacifiques avec Athènes sur cette question, d’autant plus que les
Athéniens se déclaraient disposés à laisser trancher la question par
la voie pacifique. 3
1 Thucydide I, 53, 2; 67, I. — - Thucydide I, 78, 3. — s Thycydide I, 85, 2 :
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