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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Le chemin de fer de Lima à Ancon suit une vallée
où l’on rencontre de nombreuses haciendas, car les Péru
viens commencent à préférer à l’aléa des mines la sécurité
de l’agriculture sous toutes ses formes. Après quatre
siècles, ils suivent l’exemple du peuple sage anéanti par
les Espagnols.
Ancon produit une impression désagréable ; la ville, qui
est cependant attrayante, est située au milieu d’une plaine
de sable incolore qui présente un aspect maussade, car il
n’y existe pas de végétation.
X. — Les voyageurs se rendent à Ancon pour y voir
les cimetières souterrains de période incaïque ensevelis
sous les dunes de sable. Le spectacle, s’il est instructif,
n’est guère attrayant et il faut avoir les nerfs peu sen
sibles pour considérer sans horreur ni dégoût le spectacle
qu’offre l’espace immense où les Incas avaient établi leur
nécropole.
De tous côtés, aux bords des dunes, à côté des huacas
éventrées et béantes, on aperçoit des tronçons de momies,
des crânes encore pourvus de leur chevelure, des bras,
des jambes recouverts de lambeaux de peau jaunie et
racornie, le tout mêlé à une multitude de débris de poterie
et à des linges en guenilles.
Nous ne conseillons pas aux touristes de rechercher
eux-mêmes et de procéder à la fouille d’une huaca, ils y
perdraient leur temps et leur argent. Il faut pour cela une
grande expérience que l’on ne peut acquérir en un jour.
Il est donc préférable, si toutefois on le juge utile, de
s entendre avec des professionnels qui, moyennant une
certaine somme, se chargeront de découvrir une huaca.
et d en opérer la fouille. Malgré des précédents heureux,
les résultats ne sont pas toujours brillants.