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dernier refuge de sujets fort dangereux, le dernier étant
le crime. Enfin, le colporteur exerce souvent une véri-
‘able pression sur la clientèle, surtout quand celle-ci
sonsiste en femmes ignoranies, Ce sont là des mœurs
que l’on ne saurait admettre, ni du point de vue com-
mercial, ni du point de vue social. Autrement dit, le
commerçant établi a toutes les responsabilités, le col-
porteur, point. Le premier paye de lourds impôts, se
soumet à de minutieux contrôles et n'échappe pas tou-
jours à de lourdes amendes pour des contraventions
vénielles. Il n’échappe pas non plus à mille formes de
mendicité auxquelles il est bien difficile de ne jamais.
prêter l'oreille ; sans parler des demandes de crédit, il
y a les quêtes, collectes, dont le souci de conserver sa
zlientèle oblige le commerçant de tenir compte. Le ‘col-
porteur se rit de tout cela. Il paye sa palente, c'est vrai,
mais il se rit des contrôles, de l’impôt sur le revenu et
de tout le reste. Aussi comprend-on que le Congrès
international des classes moyennes (résolutions de 1924)
en ait fait bon marché :
« Le colportage et les étalages ambulants doivent être
» limités autant que faire se peut par tous les moyens
» convenables en considération du fait qu’ils ont perdu
tout droit d’existence dans la vie économique moder-
ne. Des autorisations de colportage et d’étalages ambu-
>» lants ne doivent être accordées qu’aux personnes qui
» ont un domicile fixe dans le pays en question et seu-
» lement lorsque le besoin en a été reconnu par les auto-
rités compétentes ».
Quoique venant nous-même de citer les inconvénients
rès graves du colportage, la phrase que nous soulignons
lans la citation précédente nous cause un certain éton-
nement. Elle mériterait au moins une démonstration en
-ègle, sinon elle se retournera contre ceux qui la pro-
aoncent. Elle l’a même déjà fait, car il arrive assez
souvent aux protagonistes des coopératives de consom-