414
(IKllVKES DIVERSES
au possesseur des .‘10 onces d’argent de savoir qu’à une autre époque
il aurait pu acquitter une dette de ,11. 17 s. 10/2 d. en faisant frap
per à la Monnaie 15 9/124 onces d’argent ; il ne lui importerait guère,
dis-je, puisque dans le cas actuel, il ne peut liquider sa dette qu’eu
vendant ses 30 onces d’argent au prix du marché, c’est-à-dire,
pour une once d’or ou 3 l. 17 s. 10/2 d. de coin d’or.
Le public subira, à différentes époques, des pertes très-sérieuses ré
sultant de la dépréciation que produit dans les instruments de circu
lation l’industrie frauduleuse des rogneurs. Les marchandises con
tre lesquelles ils s’échangent s’élèvent, quant à la valeur nominale,
dans un rapport exact avec leur dégradation ; et cela sans excepter
les lingots d’or et d’argent. Aussi voyons-nous qu’avant la refonte
du signe de Guillaume III, la monnaie d’argent était si dépréciée,
qu’une once d’argent qui aurait dû être contenue en 62 pence, était
disséminée en 72 pence. En même temps un» guinée qui était
évaluée à 21 shillings passait dans les contrats pour 30 shillings.
La refonte porta remède à tous ces désordres. Des effets analogues
résultèrent de la dépréciation des coins d’or et furent également cor
rigés en 1774 par les mêmes moyens.
Depuis 1774 nos monnaies d’or ont conservé presque intacte leur
pureté légale ; mais la monnaie d’argent a essuyé encore quel
ques altérations. Un essai, fait à l’administration en 1798, fit voir
qu’à cette époque nos shillings étaient de 24 p. O/o, et les six
pences de 38 p. O/o, au-dessous de leur valeur à la Monnaie ; et
Je sais qu’une expérience récente a démontré qu’ils étaient beau
coup plus altérés. Us ne contiennent donc pas autant d’argent pur
que sous le roi Guillaume. Cependant cette dépréciation ne produi
sit point, avant 1798 , l’effet déjà signalé dans la première circon
stance. A celte époque les lingots d’or et d’argent s’élevèrent dans
le rapport de la dégradation des unités d’argent. Les changes
étrangers s'établirent largement contre nous à 20 pour O/o; un
grand nombre même dépassaient ce chiffre. Mais quoique la dégra
dation se fût perpétuée pendant de nombreuses années, elle n’avait
jamais, antérieurement à 1798, élevé le prix de l’or ou de l’argent,
ou produit le moindre effet sur les changes. Cette circonstance
prouve d’une manière décisive que, pendant toute cette période,
la monnaie d’or fut acceptée comme étalon métrique de la valeur.
Toute altération des coins d’or eût sans cela produit, sur les prix
des lingots d’or et d’argent, et sur les changes étrangers, des pertur-