Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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LA DEUXIÈME GUERRE DES BALKANS (1912-1913). 
pour déguiser ce nouveau démembrement de son empire, 
et les puissances l’avaient forcé à lâcher sa proie grecque ; 
— mais succès que son entourage exalta en un triomphe 
retentissant, et dont la renommée rapide chanta la gloire 
à travers le monde entier de l’Islam. Est-ce que l’habitude 
de la défaite avait rendu les musulmans moins difficiles sur 
le chapitre des victoires? Ils voulurent se persuader que les 
victoires d’Edhem-pacha étaient le commencement de leur 
renaissance guerrière, les premiers lauriers d’une nou 
velle guerre sainte ; « Dieu s’est laissé fléchir enfin, il 
revient à ses fidèles dont il s’était retiré : l’épreuve est 
finie et le jour qst proche où l’Islam reprendra sa marche 
en avant » *. 
Depuis plus d’un siècle, l’Islam était comme décapité, et 
la soumission au khalife de Constantinople était un dogme 
oublié des plus fervents. Abd-ul Hamid était redevenu d’un 
coup le Glorieux, le Vainqueur, « Soultan Aziz, Soultan 
Mansour», l’invincible Padischah. La victoire sur les Chré 
tiens de Grèce et le massacre des Arméniens mettaient à son 
front une éclatante auréole. On eut souci des consé 
quences incalculables qu’aurait eues un pèlerinage du sul 
tan à La Mecque, — si Abd-ul Hamid avait été de force à 
l’oser? 
IV. — La deuxième guerre des Balkans (1912-1913). 
Le danger d’une violente manifestation de la politique 
turque exaspérait les revendications des nationalités. La 
Question d’Orient redevenait un duel terrible entre l’Islam 
et la Croix. Jamais depuis le moyen âge, depuis l’arrivée 
des Turcs en Europe, les passions surexcitées n’avaient eu 
davantage un caractère religieux. Il y a des moments où 
l’on pourrait dire que l’histoire recommence. 
Or il y a plusieurs nationalités chrétiennes dans les Bal 
kans, rivales les unes des autres, unies souvent dans la 
haine de l’Infidèle. Pourtant il y faut d’abord distinguer 
les Albanais. Les montagnes qui sont à l’Ouest du Pinde 
dominant tout le pays jusqu’à l’Adriatique en font une for 
teresse naturelle où ils ont gardé une originalité pitto- 
1. Revue de Paris, 15 août 1897: Péril possible.
	        
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