LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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lesquels le guano entre pour une certaine part, la solidité
des constructions y gagnerait ainsi que la salubrité. Une
campagne sans doute intéressée en faveur du ciment armé
a été entreprise dans les journaux de Lima. Toutes les
maisons ont leur patio ou cour intérieure, à la mode an-
dalouse ou hispano-mauresque ; les portes massives
feraient songer à celles d’une forteresse si elles n’étaient
toujours entr’ouvertes. Les maisons aux formes antiques,
les balcons fermés, les fenêtres grillées, les coins de rues
avec un autel ou une statue de vierge ou de saint dans une
niche grillée, tout semble rappeler l’histoire d’unpassédéjà
lointain.
Rien de plus curieux aussi à observer que la foule hété
rogène qui sillonne constamment les rues'.blancs, indiens à
la figure triste et mélancolique, métis, nègres, zambos, mu
lâtres, cholos, etc., une véritable macédoine de races, qui
offrent un contraste curieux sous les jeux de lumière et
d’ombre avec leurs costumes bigarrés, particuliers à chaque
race.
On voit aussi, toujours par bandes, des gallinazos (1)
au plumage sinistre sautiller lourdement dans les rues des
faubourgs, aiguisant leur bec contre les pierres, ou
alignés sur le bord d’un trottoir ou sur un mur, en atten
dant l’occasion de se jeter sur quelque détritus. C’est
par milliers que l’on peut compter ces rapaces toujours
affamés; ils sont tolérés et même respectés, car la mu
nicipalité leur sait gré de contribuera la propreté des rues.
Trente-quatre places sont autant de salons libres où se
donne rendez-vous, certains jours, l’élite de la population
liméenne ; elles égaient de leur verdure l’aspect presque
uniforme des maisons. La Plaza Mayor est la principale
1) Urubus, sorte de vautours noirs connus sous le nom de gallinazos
sur toute la côte du Pacifique.