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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Esquilache. Arrosée par le rio Tambo, uni au Huancarani,
cette oasis produit en abondance la canne à sucre, le riz
qui y est d’une qualité vraiment supérieure et se recom
mande par sa grosseur, sa blancheur et son bon goût ;
différentes sortes d’excellentes cucurbitacées, des olives,
patates, pommes de terre, etc., etc.
XVIII. — On y remarque aussi un arbre sauvage, le
Huacan (Marica ollycappo), dont les graines broyées et
bouillies donnent une très bonne cire, quoique un peu
jaune. Le rio Tambo, qui sillonne cette vallée, est assez
important. On y trouve plusieurs sortes de poissons très
savoureux. La vallée est très profonde, le climat y est
assez doux et sain; c’est de cette région que Mollendo,
Islay et Arequipa, tirent tous leurs produits alimentaires
qui ne montent pas à Arequipa par le chemin de fer de
Mollendo, et sont transportés à dos de mulet; les arrie-
ros (1) partent à la nuit tombante et arrivent à Arequipa
dans la matinée, soit 125 kilomètres.
XIX. — La vallée de Camana est une vallée élevée
qui a son origine, de même que sa rivière, sur le
haut plateau de Nincocoya, derrière le Misti, sur la
seconde branche des Andes. Camana, en quéchua, signifie
spacieux; cette vallée est en effet longue et large, elle est
fermée par de hautes montagnes dont la hauteur décroît
graduellement jusqu’à la mer où elle se termine par de
belles prairies. Toute cette province ne serait qu’un
désert de sable si ses vallées n’étaient fertilisées par les
rivières Ocana et Majis, qui arrosent presque toute la
province.
Camana produit une grande quantité de fruits. L’olivier
y est extrêmement abondant, cependant, par suite d’une
(1) Conducteurs.