LE PÉROU ÉCONOMIQUE
127
tions. Le voyageur peut trouver à s’y ravitailler commo
dément. A partir de ce point, la voie centrale gagne, à
travers les forêts, l’altitude de la Cordillère de la. Sal qui
est franchie au puncu ou passe de San Carlos. Le chemin
commence alors à descendre, en suivant les premiers
effluents du rio Azupizu, et passant par la colonie de San
Nicolas, jusqu’à ce qu’il traverse la rivière sur un pont qui
y a été jeté, elle continue ainsi à travers la forêt jusqu’à
Puerto-Bermudez. Le chemin du Pichis a 221 kilomètres de
San Luis jusqu’au confluent du Pichis et du Chivis.
XVI. — Mais que dire de ce chemin qui n’est qu’un sen
tier dans la forêt, le plus souvent abrupt, étroit, boueux,
semé de troncs d’arbres et de pierres ? Sur les points in
termédiaires et inhabités, le gouvernement maintient à ses
frais des tarnbos (sortes d’auberges ou caravansérails,
avec ou sans hôte) séparés par des distances telles que
les voyageurs puissent les franchir en une seule journée.
11 existe neuf de ces tambos depuis San Luis de Shuaro
jusqu’à Puerto-Bermudez, qui offrent aux voyageurs des
ressources suffisantes ; mais les vivres venant de San
Luis, les prix augmentent proportionnellement avec la
distance; c’est ainsi que le prix des provisions double, du
kilomètre 20 au kilomètre 157. La région traversée n’étant
Pas peuplée, les ressources sont peu abondantes ; à Puerto-
Lermudez même il existe peu ou pas de moyens de ravi
taillement.
Les voyageurs, informés de cette pénurie, ne tiennent
Pus compte des tambos établis aux distances officielles ;
1 étape nocturne se compose alors du tambo solitaire et
^habité, situé sous la forêt non loin du sentier. Ce cara
vansérail n’a ni hôte, ni cuisine, ni lit, les murs et la toi
ture seulement. L’on y mange et l’on y couche bien ou
“*!» selon ce que l’on apporte avec soi, et aussi selon son