LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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forme une sorte de tissu dont plusieurs tribus indigènes
se fabriquent des chemises très amples ; cette écorce peut
également servir à d’autres emplois suivant l’épaisseur
à laquelle elle a été coupée.
V. — Les plantes aromatiques sont représentées par le
copal dont la résine sert à combattre les maladies de poitrine,
le vanillier qui entoure les troncs des plus grands
arbres, il en existe plusieurs variétés; il y croît aussi plusieurs
espèces de tabac qui peuvent rivaliser avec ceux du
Mexique et de la Havane, le camphrier, le cannelier, le
giroflier, des piments de diverses espèces, etc., etc.
Diverses variétés de palmiers à choux sont comestibles,
la tête de ces palmiers fournit un fruit dont le goût se rapproche
de celui de l’artichaut ; toutes les espèces de manioc
poussent dans la Montana, la meilleure est la yucca,
brava,, qui contient une grande proportion de poison, mais
celui-ci est facilement extrait par lavage à l’eau courante,
après que le tubercule a été préalablement râpé ; on fait
avec le manioc des galettes dites de cassave, à la Guyane,
de la farine ou farinha au Brésil et des gâteaux au Pérou.
Cette racine, la plus alimentaire, remplace le pain dans le
bassin de l’Amazone. Le café vient aussi admirablement
dans cette zone chaude et humide, les caféiers, autrefois
importés d’Europe, ont si bien prospéré sur ce sol fécond
que leurs produits sont devenus supérieurs aux meilleures
variétés des Antilles et de l’Amérique centrale ; comme
ceux d’Haïti ils sont très demandés sur les marchés des
États-Unis. En raison de leur qualité, les cafés péruviens
auraient droit à occuper une des premières places
sur les marchés d’Europe. Malheureusement la culture du
caféier ne se pratiquant guère que sur le versant oriental
des Andes, l’acheminement du café vers les ports d’embarquement
est excessivement onéreux et en élève les