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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Pichis et ses différents embranchements, car il n’y a
aucun produit agricole qui puisse résister au fret de
500 kilomètres de route., A part quelques exceptions et
jusqu’à l’arrivée de la locomotive sur les rives de
l’Ucayali et l’établissement d’un service régulier de naviga
tion fluviale, la Montana ne peut être qu’un pays d’exploi
tations, ouvert aux seules grandes entreprises capables
d’assurer le transport des produits exploités, par un
service de batelage leur appartenant en propre.
Quant aux régions basses de la Montafia proprement
dite, à partir de l’Ucayali, il ne peut, en aucun cas, être
question de les coloniser jamais ; les fièvres et surtout les
moustiques ont bien vite fait d’écarter toute idée d’établis
sement stable. Tous les blancs attirés dans cet immense
pays par la chasse, la pêche, la récolte du caoutchouc et
des plantes médicinales, ainsi que la culture lucrative à
l’excès, s’empressent de quitter cette région aussitôt qu’ils
ont amassé le pécule qu’ils se sont fixé. Les Jésuites et
les Franciscains, cependant si experts dans la façon
de coloniser, ont échoué dans cette contrée plate et
inondée ; c’est en vain que trois siècles d’efforts consécu
tifs réunirent autour d’eux des tribus entières d’indiens
dont aujourd’hui il ne reste pas plus de traces que des
colonies elles-mêmes.
VI. — La colonisation et l’exploitation des régions plus
hautes et plus salubres de la première partie de la Mon
tana se présentent elles-mêmes sous divers aspects, les
uns favorables, les autres défavorables.
Parmi les conditions favorables il faut signaler : 1° des
terrains en quantité illimitée et d’une fertilité prodigieuse,
des indigènes d’une race très inférieure, appelée à dispa
raître très rapidement et qui n’opposerait qu’une résis
tance facile à vaincre ; quelques tribus irréductibles reçu-