LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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très efficace dans les forêts, pour la chasse des oiseaux
et des singes. Quoique bons rameurs, ces indigènes ne
valent pas les Piros pour la conduite des embarcations,
ils n’ont pas la même hardiesse que ces derniers dans les
mauvais passages.
Le vêtement des Gonibos et Sipibos est le même que
celui de tous les Indiens du Pérou amazonien, ils sont
uniformément recouverts de la cushma, large chemise
sans manches, de toile grossière, de la fabrication de
leurs femmes, teinte en rouge sombre, parfois presque
noire, qui leur arrive jusqu’aux mollets, cette chemise pos
sède une ouverture de la poitrine à l’épaule pour laisser
passer la tête ; ceux qui ont quelques relations avec les civi
lisés, portent avec orgueil quelques mauvais pantalons,
chemises ou chapeaux. Les femmes portent la pampanilla
ou pagne couvrant les reins et les cuisses, avec en plus
une sorte de caraco couvrant la partie supérieure du
corps que le plus souvent elles préfèrent laisser à décou
vert. Le corps de ces Indiens est si maltraité par les
moustiques (Ucayali), que la peau en est devenue rugueuse,
ressemblant plus à l’écorce d’un arbre qu’à une peau
humaine.
Lorsque les Indiens abandonnent leur vêtement national
pour se parer des vieilles défroques des civilisés, ils
prennent un aspect souvent comique.
Les missions franciscaines, qui furent autrefois très
actives dans ces régions, et qui continuent aujourd’hui sur
une petite échelle leur œuvre de propagande, n’ont pas eu
grand succès auprès des Sipibos. Cependant leur contact
n’a pas été sans influer un peu sur le caractère de quelques
familles, qui peuvent être considérées sinon comme tout à
fait soumises, du moins comme mansas, c’est-à-dire non
hostiles (littéralement : douces).