Full text : Le Pérou économique

LE  PEROU  ECONOMIQUE
rias  ;  personne  ne  reste  dans  les  cases,  tout  le  monde
s’embarque  dans  les  canots,  non  seulement  les  membres
d’une  même  famille,  mais  aussi  les  chiens  et  les  autres
animaux  domestiques  s’il  y  en  a.  Ils  se  dirigent  généralement ­
  vers  le  Haut-Ucayali  et  ensuite  vers  l’Urubamba  et
le  Tambo,  remontant  les  rivières  navigables  qu’ils  rencontrent. ­
  Partout  sur  leur  passage,  ils  se  livrent  à  une
revue  sérieuse  de  tous  les  groupes  de  cases  habitées.  Ils
s’emparent  de  tous  les  vivres  et  du  caoutchouc  qui  peuvent ­
  s'y  trouver,  et  surtout  ils  enlèvent  les  femmes  et  les
enfants.  Gomme  le  plus  souvent  ils  sont  en  grand  nombre,
*ls  rencontrent  peu  de  résistance  ;  mais  parfois  aussi,  il
s  engage  des  combats  acharnés  d’où  ils  sortent  quelquefois ­
  vaincus.  Ce  sont  les  Indiens  Amahuacas  qui  ont  le
plus  souvent  à  souffrir  de  ces  correrias  qui,  il  faut  le  dire,
s ont  souvent  conseillées  et  organisées  par  des  industriels
peu  scrupuleux  qui,  contre  quelques  menus  objets,  prennent ­
  livraison  du  caoutchouc  razzié  s’il  y  en  a.  De  retour
aux  habitations,  les  Conibos  vendent  leurs  prisonniers,  à
nmins  qu’ils  ne  préfèrent  les  garder  pour  leur  propre  serv
 lce.  Plus  de  cent  canots  conibos  partent  chaque  année
pour  se  livrer  à  ces  correrias.
Une  autre  coutume  barbare,  l’infanticide,  décime  les
Uûbus.  Quand  ces  Indiens,  pour  une  raison  quelconque,
°nt  mis  à  mort  un  de  leurs  nouveau-nés,  tous  les  autres
e nfants  qui  par  la  suite  naissent  de  la  même  femme,  sont
nussi  sacrifiés.  Si  la  victime  est  le  premier-né,  tous  mourr
 °nt,  mais  si  c’est  le  deuxième  ou  troisième  les  premiers
s °nt  épargnés.  Le  procédé  employé  pour  les  nouveau-nés
oonsiste  à  les  enterrer  vivants.  Malgré  ces  coutumes  barbures,
  les  Sipibos  et  les  Conibos  sont  bien  vus  des  traifonts
  et  considérés  comme  très  sérieux  et  honnêtes  en
nflaxres.
            
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