Full text : L'évolution industrielle de la Belgique

LA  DÉCADENCE  DU  MÉTIER

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seulement  avec  des  membres  de  la  famille  (v.  XVIII,  p.
181),  soit  ensemble  9571  ou  70.9%  du  total.
Le  métier  de  tailleur  qui,  à  première  vue,  semble  être
très  prospère  traverse  lui  aussi  une  crise  aiguë,  qui
n’a  fait  que  s’accentuer.
Le  grand  magasin  n’attire  pas  seulement  la  clientèle
de  la  ville,  mais  aussi  celle  des  environs  et  même  de  tout
le  pays.  A  Alost,  beaucoup  d’habitants,  surtout  les
riches,  se  font  habiller  à  Bruxelles  (1),  A  Leuze,  la
bonne  bourgeoisie  s’approvisionne  en  ville.  «  Il  est  vrai,
dit  un  tailleur  de  cette  ville,  que  le  travail  y  est  mieux
achevé,  les  ouvriers  étant  d’une  formation  technique
plus  complète  qu’à  la  campagne  «  (2).  A  Roulera,  la
concurrence  est  devenue  difficile.  Des  représentants
de  Gand,  de  Bruges  et  de  Bruxelles  visitent  la  place,
porteurs  d'un  catalogue  indiquant  les  prix  et  modèles
de  tous  les  vêtements  pour  les  deux  sexes,  ainsi  que
pour  les  enfants  (3).
De  même  que  dans  la  boulangerie  et  dans  la  cordonnerie, ­
  il  est  difficile  pour  le  tailleur  d’avoir  des
ouvriers,  car  ceux  ci  préfèrent  aller  à  la  fabrique.  A
Veruiers,  un  marchand  tailleur  s’exprime  de  la  façon
suivante  :  «  Ce  qu’il  y  a  de  vraiment  grave  pour  l’avenir ­
  des  métiers,  c’est  l’universalité  de  cette  constatation ­
  :  l’apprentissage  se  meurt,  l'apprentissage  est
mort  »  (4).  A  Alost  on  trouve  difficilement  des  apprentis.

(1)  Ib.  Enquête  orale,  v.  VI,  p.  2G0.
(2)  Ib.  v.  V.  p.  269.
(3)  Ib.  v.  III,  p.  234.
(4)  Ib.  v.  IV,  p.  202.
            
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