Full text : L'évolution industrielle de la Belgique

LA  DÉCADENCE  DE  L’INDUSTRIE  A  DOMICILE

277

/

L’ouvrier  à  domicile,  travaillant  pour  plusieurs  patrons, ­
  ne  sait  pas  garder  le  secret.  Quelques-uns,  dans
l’industrie  dentellière  par  exemple,  n’hésitent  pas  à
vendre  les  dessins  à  des  maisons  rivales  (1).  Dans  l’industrie ­
  du  vêtement  pour  femmes,  plus  l’article  est
soigné,  plus  se  manifeste  du  côté  patronal  la  tendance
à  réunir  les  ouvriers  en  atelier  (2).  Le  péril  que  court
la  propreté  des  objets  y  contribue  beaucoup  (3).
Dans  la  lingerie,  les  opérations  les  plus  délicates  et
exigeant  des  soins  particuliers  se  font  en  atelier.  On  y
exécute  les  commandes  urgentes  et  l'on  y  garde  le
secret  des  modèles  et  des  procédés  de  fabrication,  grâce
à  une  surveillance  plus  attentive  et  plus  minutieuse  (4).
Les  ouvriers  à  domicile,  n’étant  liés  par  aucun  contrat
avec  l'entrepreneur,  présentent  pour  celui-ci  de  nombreux
inconvénients.  Si  un  tisserand  à  domicile  se  voit  momentanément ­
  contraint  de  ne  plus  tisser  ou  préfère  se
livrer  à  d’autres  occupations,  il  se  gardera  le  plus
souvent  d’avertir  le  tisseur,  qui  constatera  que  l’ouvrage
n’avance  pas,  sans  en  connaître  le  motif.  Cet  inconvénient ­
  devient  surtout  sensible  quand  la  vogue  d’un
article  procure  au  fabricant  des  ordres  pressés  (5).
Parmi  les  bons  tailleurs,  l’esprit  migrateur  est  fréquent
et  ils  abandonnent  parfois  l’ouvrage  pour  aller  visiter
Londres  ou  Paris  (6).
(1)  Ib.  v.  IV,  p.  t94.
(2)  Ib.  V.  VIII,  p.  311.
(3)  Pour  les  gants,  v.  III,  p.  88.  Pour  la  broderie  sur  linge,  v.  VIII.
p.  107.
(4)  Jb.  v.  IX,  p,  52.
(5)  Ib.  v.  VI,  p.  45.
(6)  Ib.  v.  VIII,  p.  336.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.