LA DÉCADENCE DE L’INDUSTRIE A DOMICILE
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L’ouvrier à domicile, travaillant pour plusieurs patrons,
ne sait pas garder le secret. Quelques-uns, dans
l’industrie dentellière par exemple, n’hésitent pas à
vendre les dessins à des maisons rivales (1). Dans l’industrie
du vêtement pour femmes, plus l’article est
soigné, plus se manifeste du côté patronal la tendance
à réunir les ouvriers en atelier (2). Le péril que court
la propreté des objets y contribue beaucoup (3).
Dans la lingerie, les opérations les plus délicates et
exigeant des soins particuliers se font en atelier. On y
exécute les commandes urgentes et l'on y garde le
secret des modèles et des procédés de fabrication, grâce
à une surveillance plus attentive et plus minutieuse (4).
Les ouvriers à domicile, n’étant liés par aucun contrat
avec l'entrepreneur, présentent pour celui-ci de nombreux
inconvénients. Si un tisserand à domicile se voit momentanément
contraint de ne plus tisser ou préfère se
livrer à d’autres occupations, il se gardera le plus
souvent d’avertir le tisseur, qui constatera que l’ouvrage
n’avance pas, sans en connaître le motif. Cet inconvénient
devient surtout sensible quand la vogue d’un
article procure au fabricant des ordres pressés (5).
Parmi les bons tailleurs, l’esprit migrateur est fréquent
et ils abandonnent parfois l’ouvrage pour aller visiter
Londres ou Paris (6).
(1) Ib. v. IV, p. t94.
(2) Ib. V. VIII, p. 311.
(3) Pour les gants, v. III, p. 88. Pour la broderie sur linge, v. VIII.
p. 107.
(4) Jb. v. IX, p, 52.
(5) Ib. v. VI, p. 45.
(6) Ib. v. VIII, p. 336.