PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
Avec la division du travail d’atelier, nous quittons le
domaine de l’échange — il n’est plus question d'échange
puisque toutes les opérations se passent dans une même
enceinte ou du moins sous une même direction — mais nous
revenons à la coopération, comme dans l’économie domes-
tique ou dans la familia des esclaves romains. Tous les
ouvriers qui participent à ces travaux, chacun dans sa partie,
savent nécessairement et voient qu’ils coopèrent à une même
œuvre, ce qui n’est pas le cas des hommes exerçant des
métiers différents, à moins d’un effort de réflexion.
4o Enfin, en même temps que la division du travail s'inten-
sifiait en s’enfermant dans la fabrique, elle s’élargissait par
le développement des transports et des échanges interna-
tionaux et nous voici à la quatrième phase de la division du
travail, celle internationale, chaque peuple se consacrant
plus spécialement à la production des denrées qui paraissent
le mieux appropriées à son sol, à son climat ou aux qualités
propres de sa race : l’Angleterre au charbon et aux coton-
nades, les États-Unis aux machines, la France aux articles
de luxe, l’Allemagne aux produits chimiques, le Brésil au
café, l’Australie à la laine, ete. (voir plus loin, Protection-
nisme).
À vrai dire, les mots « division du travail » sont ici un peu
exagérés. C’est par une métaphore qu’on assimile le monde
entier à un atelier où chaque peuple aurait sa tâche spéciale.
Il serait plus exact de voir ici une localisalion du travail
(voir ci-après, pp. 210-211).
Les conditions de la division du travail.
La division du travail technique est d’autant plus parfaite
que l’on peut décomposer le travail en un plus grand nombre
de tâches parcellaires. Mais le nombre de travailleurs devra
être nécessairement en rapport avec le nombre de ces opé-
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