LES SYSTÈMES MONÉTAIRES 305
En d’autres termes, l’éeu de 5 francs ne valait plus que
2 francs et le franc (à cause du titre plus faible) environ
36 centimes!
Dans ces conditions, la frappe libre de la monnaie d'argent
n’a pas été reprise, et nul ne sait si on la reprendra jamais.
Dès lors, on peut dire que, quoique les pays de l’Union
latine soient encore légalement sous le régime bimétallique,
en fait ils sont à peu près devenus monométallistes or. De
toutes leurs pièces d’argent, il n’en est plus qu’une seule qui soit
encore monnaie légale, et celle-là précisément on ne la frappe
plus !
S’il convient d’adopter le système monométalliste.
Il semble d’après les explications qui précèdent, qu’il n’y
ait plus lieu d’hésiter. Le système monométalliste est, infini-
ment plus simple, il coupe court à toutes les diflicultés que
nous venons de signaler. Pourquoi ne pas l’adopter ?
Tel est le parti qu'ont pris déjà la plupart des pays,
l’Angleterre la première (1816), puis le Portugal (1854), l’Alle-
magne (1873 = Etats Scandinaves (1875), la Finlande (1878>,
la Roumanie ('890), l’Autriche (1892), la Russie (1897, le
Japon (1897), le Pérou (1901).
Et mème dans ceux qui sont encore nominalement bimé-
talliste, tel que le groupe dit de l’Union latine (France, Italie,
Belgique, Suisse et Grèce), l’Espagne, les Etats-Unis, les
Indes, en fait c’est la monnaie d’or qui est le seul étalon.
Même en Asie ou le monométallisme argent régnait — ce qui
faisait dire à Léon Say : les hommes blancs recherchent le
métal jaune et les jaunes le métal blanc — l’argent est de
plus en plus remplacé par l’or.
Pourtant le bimétallisme n’a pas encore tout à fait perdu
la partie. Il a encore quelques défenseurs parmi les écono-
mistes. Voici le principal argument qu’on peut faire valoir et
qui, à notre avis, ne manque pas de force :
es
ei
[V