L’ÉCHANGE INTERNATIONAL }
suite de la hausse vertigineuse des prix il s’est trouvé que,
tout ea diminuant comme quantités. le commerce interna-
tional a augmenté prodigieusement comme valeurs (1).
Il est assez difficile de trouver dans les perturbations
créées par l’état de guerre des arguments pour ou contre le
protectionnisme ou le libre échange. Elles se prêtent, en
effet, à des interprétations en sens opposé. On peut dire que
puisque dès le début de la guerre les Etats belligérants se
sont empressés d’abolir les droits sur les denrées alimentaires
(pour la France, les droits sur le blé ont été abrogés dès le
31 juillet 1914, la veille de la mobilisation ; en Allemagne, en
septembre) — c’est bien la preuve que l’on attendait de cette
abrogation une baisse des prix, c’est donc une réfutation sans
réplique de la thèse que les droits de douane sont payés par
l'étranger. Mais, en sens inverse, les protectionnistes n’ont
pas manqué de faire valoir le fait que tous ces Etats avaient
failli être réduits à merci, faute de moyens de subsistances,
et pour en conclure à lanécessité pour tout pays de se rendre
indépendant de l'étranger (voir ci-dessus).
Aussi est-il difficile de dégager des directives pour la poli-
tique commerciale après la guerre. Tout ce qu’on peut dire
c’est qu’elle se trouvera cruellement tiraillée entre des buts
(1) Voici les chiffres pourles trois pays (en milliards francs or) :
France Angleterre Etats-Unis,
1013000 at ervriee ee OUR 15,3 29,6 21,2
1 se : 18,2 43,7 39,4
l'augmentation semble notable, mais si l’on tient compte de la hausse des
prix (mème en or), il y a en réalité diminution pour la France et même pour
l'Angleterre et faible augmentation pour les Etats-Unis.
Si, au lieu du chiffre global du commerce, nous donnions séparément celui
des importations et des exportations, on verrait que le premier a été très supé-
rieur au second pour la France et pour l’Angleterre. Pour les Etats-Unis,
c’est l’inverse.
Pour la France le déficit de la balance commerciale depuis la guerre repré-
sentait un total énorme, qui n'a pas peu contribué à déprécier le franc. En
1924 seulement l’équilibre s’est rétabli.
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