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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
donner autre chose que ce qu’ils veulent, c’est-à-dire
l’article à bon marché.
Il ne s’agit pas, bien entendu, de sacrifier la réputation
des marques françaises, et nous pouvons lutter contre
la concurrence étrangère en continuant à faire prévaloir
ces qualités essentielles de bon goût et de probité indus
trielle, qui nqus fait bien venir partout, et fait souvent
préférer tout ce qui est français, quand il n’y a qu’une
légère majoration. Mais il s’agit avant tout de faire des
affaires en donnant satisfaction aux goûts et aux besoins
que les clients manifestent. On commence à s’en rendre
compte dans certaines industries, mais les essais se font
encore d’une façon bien timide. Le résultat est que, dans
les républiques de l’Amérique Latine, les Allemands, qui
sont uniquement préoccupés de satisfaire leur clientèle,
ont réussi à amener à eux les six dixièmes des acheteurs.
Où notre infériorité est le plus sensible, c’est dans les
articles de qualité courante, jouets bon marché, quin
caillerie, ainsi que dans les articles de chapellerie, cor
donnerie, ganterie, maroquinerie, qui demandent une cer
taine main-d’œuvre. Celle-ci étant 20 pour 100 moins
chère en Allemagne qu’en France, ces articles y sont for
cément d’un prix inférieur.
Notre infériorité disparaît seulement pour les articles
de luxe, où il est besoin d’une plus grande habileté ; mais
ces articles sont malheureusement d’une exportation plus
restreinte.
X. — Le principal écueil que rencontre notre commerce
d’exportation, réside surtout dans la timidité, dans l’obsti
nation plutôt de nos producteurs, qui refusent d’accorder
de longs crédits, et qui ne savent pas employer la publicité
comme il conviendrait, non pas la publicité bruyante qui
rapporte peu, mais la publicité longuement suivie qui com-