V7
Une enquête de 1904 de l'Association suisse pour l’en-
seignement commercial‘ a amené divers patrons à des
aveux délicieux : « Les apprentis doivent apprendre la
» comptabilité à l’école.» «Le négociant forme ses
» apprentis suivant ses besoins.» « Les apprentis peu-
» vent apprendre la correspondance pendant le repos de
» midi à deux heures » ?. « Les patrons ne sont pas dans
s ce monde pour former des apprentis ». *
Mais tous les torts ne sont pas du même côté. Tels
pères, tels fils. Si la génération aux affaires oublie ses
devoirs éducatifs envers celle qui la suit, il faut recon-
naître que cette dernière ne se laisse éduquer qu’à son
corps défendant et apporte dans la vie professionnelle
celte peur d’en trop faire, qui est une des caractéristi-
ques dominantes du monde du travail (si tant est qu’il
mérile encore ce nom !) au vingtième siècle :
« Si les patrons manquent trop souvent à leurs
» devoirs envers les apprentis, il faut aussi reconnaître
» que ces derniers oublient fréquemment les ,-.urs guvers
‘eux-mêmes et envers leurs patrons ». *
! Ibid, p. 351.
* Il n’était pas question, bien entendu, à cette bienheu-
reuse époque. de la journée de huit heures.
* Doit-on s’étonner que des patrons de cette trempe
soient bien indifférents à la prospérité des écoles auxquelles
ls abandonnent tout le soin de former leurs apprentis, non
pas à faire gratuitement une besogne de manœuvres, mais
à être de véritables commerçants ? Sigfried Bloch dit à
ce propos (op. cit., p. 38) :
«Im allgemeinen hat sich der Detailhandel nicht viel um
» die Fôrderung von Handelsschulen gekümmert ; wenn es
pauch einzelne Firmen gibt, namentlich in kKleineren
» Städten, die dem modernen Unterrichtswesen grôssere Auf-
» merksamkeit schenken. Diese Ausnahmestellung ist sehr
»zu bedauern ; denn der Konkurrenzkampf erfordert eine
» systematische, fachgemässe Vorbereitung.» (Suivent des
exemples du parti qu’un détaillant pourrait tirer d’un sa-
voir scolaire.).
* Savoy, op. cit, p. 352.