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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
(métis), ou celui des Indiens Quechuas du haut-plateau
péruvien et bolivien, touche au fétichisme. La religion est
surtout remplacée par le culte des images, c’est le symbole
qu’adore la population péruvienne et non le Dieu de leur
religion; la statue reste l’idole.
Beaucoup de processions ont lieu la nuit, à la clarté
des torches et des ciepges; ce sont toujours des céré
monies imposantes par le nombre des fidèles, mais
empreintes d’une note de paganisme sauvage particulier
aux Indiens. Pendant ces processions, qui durent parfois
plusieurs heures, on rit, on fume, l’on boit surtout, enfin
on y fait tout sauf prier.
Le clergé de l’intérieur est généralement peu instruit,
il abuse de son influence, qui est grande, sur les Indiens
pour tirer profit de leurs superstitions. Malgré ses tares
et sa licence, il faut reconnaître que le curé de l’intérieur
du Pérou est généralement bienveillant et hospitalier pour
le voyageur, et parfois aussi bon et doux pour ses fidèles,
bien qu’il les exploite le plus souvent.
Autrefois, les moines pullulaient au Pérou; aujourd’hui,
couvents et monastères ont presque totalement perdu leur
influence et leur richesse. Cette décadence est due à
une vie fort irrégulière, et à une mauvaise administra
tion ; en outre, diverses lois ont réduit leurs rentes et
privilèges. Quoique bien moins nombreux, les moines
sont encore la plaie de ce pays ; sales et débauchés (il
s’agit ici des moines d’origine péruvienne) ils imitent les
curés de leur mieux, ils trafiquent de tout et font argent
de tout.
De nombreux biens des couvents sont aujourd’hui
tombés au pouvoir de l’Etat, ils ont été adjugés, les uns,
à diverses institutions, les autres à différents services de
bienfaisance. De la majeure partie de ces propriétés,