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en Allemagne aussi que des grands magasins ont eu
recours à une pratique à peine croyable : ils ont établi
des caisses d’épargne où les dépôts reçoivent un intérêt
de 12 %, mais sont bloqués et ne peuvent servir qu'à
payer des achats faits dans le magasin *.
Au Japon, les grands magasins ont augmenté le volume
de leurs affaires par le système des bons, qui rappelle
la pratique des contremarques délivrées par les
coopératives de consommation, et qui aboutit au même
résultat : faire payer le client d’avance, Ce n’est plus
l’acheteur à qui le magasin fait crédit, c'est l'inverse :
les inconvénients du crédit changent en quelque sorte
de camp, mais le public ne semble guère s'en apercevoir,
car ces bons jouissent d’une grande faveur *.
battre «la plaie des primes et réglementer l’allocation de
rabais. »
Les seules primes permises sont celles dont le caractère
d’objets de réclame est indéniable (calendriers ?). Les
rabais doivent être consentis en argent ou en timbresrabais,
ceux-ci n’étant remboursables qu’en argent.
1 Ceci résulte d’une autre motion au Reichstag reproduite
à la page 146 du même numéro du Bulletin de l'institut
International des Classes moyennes.
? V. l’article déjà cité de la Tribune de Genève :
«Une coutume fort curieuse est l’émission de bons de
> marchandises, pour une valeur déterminée, par les
» grands magasins de Tokio et d'Osaka ; le client verse une
» somme et il reçoit en retour un ou plusieurs bons échan-»
geables contre telle ou telle marchandise à son choix.
» Ces bons n’étant pas nominatifs peuvent être cédés ou
» vendus à des dockers qui en font un gros commerce en
» escomptant au rabais aux cédants et en les revendant
» avec bénéfice à ceux qui en demandent. Les Japonais,
» grands donneurs de cadeaux, aiment beaucoup ce systè-»
me qui les dispense d'avoir à acheter un objet qui peut ne
» pas plaire. Les grands magasins y trouvent leur compte,
» ne serait-ce que par la perte d’un certain nombre de
» bons vendus ». Le journal ajoute qu’il se vend par an pour
50 à 60 millions de francs de ces bons. Il nous renvoie à la
revue mensuelle Japon (en japonais ?) Peut-être les noms
de Mitsukoshi, de Matsuya, de Shirokiya, seront-ils un
jour aussi connus que ceux de Wanamaker, du Louvre ou
de Tietz.