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Cependant, Gilles Normand ! estime que les sociétés
à succursales multiples correspondent à un besoin :
« Les maisons à succursales sont nées parce qu'elles
»répondaient à des besoins nouveaux ; elles se dévelop->
peront parce que, à la faveur du cataclysme mondial,
» les besoins se sont accentués. La hausse des salaires
>» accroissait le pouvoir de consommation ; le désir de
» bien-être et de faux luxe a envahi les couches profon-»
des de la société. De plus en plus, les rouages sociaux
» inutiles tendent à disparaître, à s’éliminer » ?,
Le même auteur leur attribue une valeur éducative,
si l'on peut dire :
« Que les succursales d’une firme alimentaire s’ins-»
tallent, et, bientôt, l’on ne verra plus, chez maints épi-»
ciers, les denrées mélangées sans ordre sur les rayons :
»le pétrole à côté du café, par exemple. Si ce n’est le
» pétrole, ce peut être le fromage, et cela ne vaut guère
mieux. Le petit commercant, pour secouer ses néglis
gences, a besoin du coup de fouet de la concurrence,
» comme, souvent, il n’a point été préparé à l’exercice de
> la carrière qu’il a embrassée, s’il se perfectionne, c’est
» davantage par imitation, quand sa prospérité est me->
nacée, que par intuition » 3,
Le système des sociétés à succursales multiples est en
pleine période d’extension. Cela tient au fait que le capitalisme,
qui avait d’abord laissé de côté, plus ou
moins, le commerce des denrées alimentaires, s’y jette
aujourd'hui avec vigueur, les autres filons commencant
à s’épuiser *, 5.
* Gilles Normand, Le Grand Commerce de détail.
? Op. cit, p. 107.
* Op. cit, p. 105.
* Cf. notre note 1 page 100.
*«Nous remarquons pendant les dernières années une
» concentration très forte dans ce commerce de détail.»
Celui des denrées alimentaires). Extrait d’une lettre de
M. Stauff, directeur de l’Office municipal de statistique de
Strasbourg, du 8 novembre 1928.