CHAPITRE QUATRE
Les rivaux du petit commerce.
Le petit commerce perpétue, au sein de la société
capitaliste où nous vivons, une conception et des for-
mes économiques antérieures au capitalisme et qui
constituent ainsi une sorte de survivance. C'est évi-
demment son droit, c’est même son devoir, puisque
nous avons vu qu’on ne saurait se passer de lui et que
son maintien répond à une nécessité, Mais on peut lui
reprocher de n’avoir pas su, dans un milieu dont Ja
mentalité lui était devenue hostile, évoluer avec la sou-
plesse nécessaire, Il a ignoré le capitalisme, comme si
le pouvoir de l'argent se laissait ignorer. Et quand
les aveugles même ont dû avouer que l'aspect du
monde avait profondément changé, le petit commerce
s’est plaint, au lieu de s'adapter. Il a proclamé son
utilité et les droits qu’il croyait avoir, oubliant que le
capitalisme ne connaît ni utilité, ni droits, mais seule-
ment le profit et que le seul moyen de se faire respecter
par lui, c’est d'offrir sur le terrain des affaires (et non
sur le terrain politique ou sur le terrain sentimental)
la résistance nécessaire :
« On ne peut nier qu’il ne soit dans la nature du ca-
» pitalisme de s’efforcer de tirer à lui et de soumettre
»à son autorité tous les domaines de la vie humaine
» qui s’y prêtent. Mais il est impossible, dans la vie,
» particulièrement dans la vie économique, de défendre
s certains domaines par des barrières, d’en faire en quel-
» que sorte des réserves et de dire au capital : jusqu’ici