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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
pendant la succion. Il n’en est pas moins vrai que ces
murcielagos, comme on les nomme dans l’Amazonie péru
vienne, sont une plaie dans les vallées qu’elles habitent de
préférence.
Les oiseaux sont en nombre tellement considérable
qu’il faut renoncer à les décrire. C’est tout d’abord, d’après
leur importance, le condor, roi des Cordillères et des oiseaux
de proie, qui atteint parfois jusqu à cinq mètres d’enver
gure ; l’aigle à tête blanche ; un vautour redoutable, la
harpia destructor, et une multitude de petits aigles et
faucons de toute espèce, tous plus voraces les uns que les
autres. Parmi tous ces oiseaux de proie, il nous faut
signaler à nouveau le plus utile d’entre eux, une sorte
de vautour noir, l’urubu, nommé gallinazo au Pérou.
Le gallinazo, qui pullule dans presque toutes les villes
du Pérou où on le rencontre aussi souvent que les pierrots
dans nos rues et presque aussi familier, rend les plus
grands services à la voirie en aidant activement les ba
layeurs municipaux à débarrasser les rues des immon
dices qui y sont jetées. Dans certains endroits le service
est uniquement fait par les gallinazos qui sont protégés
par les lois.
Les pauxis ou hoccos sont de grands oiseaux noirs à
bec rouge, donnant aux chasseurs une chair très appré
ciée, il en est de même de plusieurs espèces de dindons
sauvages ; on rencontre partout des faisans nommés gallos
del monte (coqs de la forêt), des perdrix nombreuses,
des toucans, des tourterelles, et toute une innombrable
variété d’oiseaux chanteurs et parleurs. Parmi ces derniers
il nous faut citer les cheredes, sorte de perroquets qui
répètent en sifflant tout ce qu’ils entendent. Ces oiseaux
ont un grand talent d’imitation, on leur fait dire ce que
l’on veut ; les vrais perroquets ou loros présentent une