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PÉRIODE FINALE DU ZOLLVEREIN.
faisait iialiirellement plutôt l’alTaire des premiers,
tandis que les seconds s’arrêtaient de préférence à
son côté spéculatif. Or, bien que ce parti eût pour
lui le nombre, une plus grande habileté parle
mentaire, la parole renommée de plusieurs de ses
adhérents, il n’est pas parvenu jusqu’ici à pousser
victorieusement sa démonstration au delà des argu
ments théoriques, servis par lui depuis des années.
Ainsi, notamment, il n’a pas réussi à affaiblir la
portée considérable de ce fait historique, qui nous
montre toutes les nations de quelque importance
amenées à la naissance de leur industrie, à recourir
à un système protecteur très-étendu, souvent très-
rigoureux, introduit même et maintenu avec une
Apreté particulière par ceux précisément des peu
ples qui, comme le peuple anglais et le peuple de
1 Amérique du Nord, paraissent posséder au plus
haut degré le tempérament économique. Cette cir-
eonstance que l’Angleterre, assurée de sa supériorité
industrielle au regard des autres contrées, s’est
enlin convertie au libre-échange, ne démolit pas,
tant s’en faut, le système protecteur. Et il est éton
nant que dans les longs développements auxquels
ont conduit les deux thèses en sens contraire, le fait
historique que nous venons de relever n’ait pas pris
la place qui lui appartient. Ce qui fait, selon nous
la force du libre-échange, ce n’est pas qu’il veuille
de parti pris et ab ovo faire table rase de toutes
barrières douanières comme d’autant de digues