CHAP. 11. — de la rente de la terre. 53
1 agriculture, les dernières portions qui y auraient été consacrées,
donneraient plus de profit, et les rentes baisseraient. Toute réduction
considérable dans le capital national, qui diminuerait d’une
manière sensible les fonds destinés à payer le travail, aurait naturellement
le même effet. La population se proportionne toujours au
capital destiné à j)ayer le travail, et, par conséquent, doit s’accroître
ou diminuer selon que ce capital augmente ou diminue. Toute réduction
dans le capital est donc lUHîessairemenl suivie d’une moindre
demande de blé, d une baisse de prix, et d’une diminution de culture.
La diminution des capitaux abaisse ainsi la rente par une influence
contraire à celle de leur accumulation. Les terrains les moins
productifs seront successivement abandonnés, la valeur échangeable
de leurs produits tombera, et on ne cultivera en dernier lieu
que les terrains les plus fertiles, qui alors ne paieront plus de
rentes.
Le même résultat aurait encore lieu dans le cas où l’accroissement
de richesse et de population dans un pays serait aecompagné de si
grandes amelioraUons dans l’agriculture, qu’il n’y eût plus besoin de
cultiver des terrains d’une qualité inférieure, ou de dépenser autant
de capital à la culture des terrains plus fertiles.
Supposons qu une population donnée ait besoin pour sa nourriture
d’un million de quarters de blé, qu’on récolte sur des terrains des
qualités n“’ 1, 2, 3. Si 1 on vient à découvrir un moyen perfectionné
par lequel les terrains n°‘ I et 2 suflisent pour donner la quantité requise
sans avoir recours au n» 3, il est clair que dès lors il y aura
baisse de la rente; car c’est le n» 2 au lieu du n» 3 (jui sera alors
cultivé sans payer de rente et celle du n“ 1, au lieu d’être la différence
entre le produit du n“ 3 et du n° 1, ne représentera plus que la
dilférence entre les n~ 2 et 1. La population restant ta même, il ne
saurait y avoir de demande pour une quantité plus forte de blé ; le
capital et le travail employés jadis à la culture du n" 3 seront consacrés
a la production d’autres objets utiles à la société, et ne contribueraient
à la hausse de la rente que dans le cas où les matières
premières qui entrent dans leur composition ne pourraient s’acquérir
que par un emploi moins avantageux du capital consacré à l’agriculture.
Or, dans ce cas, on reprendrait la culture du n" 3.
Il est hors de doute que la baisse du prix relatif des produits naturels
par suite d’améliorations agricoles ou d’une économie dans la
production, doit naturellement conduire à une plus forte accumulation
; car les profits du capital doivent s’être accrus de beaucoup.